Prévisions sur le revenu agricole en 2003

Ottawa (Ontario), 6 février 2004 – Agriculture et Agroalimentaire Canada, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et Statistique Canada, a révisé ses prévisions d’avril en 2003. Les effets conjugués de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), de l’augmentation de la valeur du dollar canadien et des sécheresses qui ont sévi dans l’Ouest du Canada en 2002 et 2003 ont provoqué une chute radicale des revenus agricoles en 2003. Le revenu net réalisé (RNR) du Canada devrait se chiffrer à -13,4 millions de dollars en 2003. Face à cette situation, les gouvernements fédéral et provinciaux ont octroyé des paiements sans précédent atteignant près de 5 milliards de dollars en 2003, et d’autres importants paiements seront versés en 2004.

Les répercussions de ces facteurs sur les revenus agricoles sont les suivantes :

  • La valeur du dollar canadien a augmenté de 17 p. 100 par rapport à la devise américaine, ce qui a exercé de fortes pressions sur les prix des produits de base. Les agriculteurs ont dû faire face à des facteurs de production coûteux (à cause de la faiblesse du dollar au printemps) et à des produits à bas prix (à cause de la vigueur du dollar lors des mises en marché à l’automne) – en effet, la production canadienne est dans une large mesure liée à la situation qui prévaut aux États-Unis. C’est ainsi que les prix des porcs, des bovins et de la plupart des cultures sont fortement touchés.
  • L’ESB a abouti à des mises en marché et à des prix radicalement plus bas en 2003 en ce qui concerne les bovins. Cela veut dire qu’il y a une pénurie de liquidités et une accumulation des stocks (qui ne se reflètent pas dans le revenu net comptant).
  • Il y a eu une extrême sécheresse dans la majeure partie des Prairies en 2002, laquelle a persisté en Saskatchewan en 2003. Cela a eu des effets néfastes sur les mises en marché et les rentrées de fonds des récoltes.

FAITS SAILLANTS

Revenu agricole

  • En 2003, on prévoit que le RNR du Canada régressera de 100 p. 100, ce qui se traduira par des revenus négatifs à l’échelle nationale pour la première fois de toute l’histoire. Une performance aussi médiocre est attribuable aux effets conjugués de l’ESB, de la remontée rapide de la valeur du dollar canadien et des sécheresses successives dans l’Ouest du Canada.
  • On s’attend à ce que le RNR baisse dans toutes les provinces, à l’exception de Terre-Neuve et du Québec, où l’industrie bovine représente une partie plus restreinte de l’économie agricole. Le RNR devrait être négatif au Nouveau-Brunswick, en Ontario, en Saskatchewan et en Alberta, et extrêmement négatif dans les deux dernières provinces.
  • En 2003, les recettes des productions végétales et animales ont subi les contrecoups de la remontée de valeur du dollar canadien. Le dollar canadien a commencé l’année 2003 à hauteur de 0,638 $US et l’a terminée à hauteur de 0,771 $US. Étant donné que la valeur de la plupart des produits agricoles est établie en dollars américains, cette appréciation de notre devise tend à réduire le prix des produits. Si tous les autres facteurs restent constants, cette hausse de la valeur du dollar canadien se soldera par une chute de 17 p. 100 des prix des produits agricoles canadiens au cours de 2003.
  • Les revenus de chaque exploitation peuvent varier grandement du fait des produits qu’elle produit, des conditions météorologiques dans la région et de quantité d’autres facteurs.

Recettes des productions végétales

  • Les recettes des productions végétales devraient reculer de 8 p. 100 en 2003, les pertes les plus graves survenant dans les provinces des Prairies. La grave sécheresse qui s’est abattue en 2002 sur la Saskatchewan et l’Alberta et la sécheresse modérée qu’a connue la Saskatchewan en 2003 ont abouti à une baisse des mises en marché des grains, des oléagineux et des cultures spéciales.
  • Les prix des principaux grains et oléagineux ont été inférieurs en 2003, principalement en raison de l’augmentation rapide de la valeur du dollar canadien, ainsi que des vastes quantités de céréales secondaires dans l’Ouest du Canada.
  • Les recettes horticoles devraient afficher une croissance modérée en 2003, moyennant une forte augmentation des recettes de la culture des fruits, de la floriculture et des pépinières, qui a largement compensé la baisse des recettes de la culture des pommes de terre résultant d’une baisse des prix.

Recettes des productions animales

  • Les recettes des productions animales devraient reculer de 12 p. 100 en 2003, presque exclusivement à cause des difficultés éprouvées par l’industrie bovine. Les mises en marché et les prix des bovins au Canada ont baissé de manière draconienne à la suite de la fermeture de la frontière attribuable à l’ESB, les impacts les plus significatifs ayant été ressentis dans les provinces des Prairies. Avec la réouverture partielle du commerce des bovins en septembre 2003, le nombre de bovins abattus et les prix se sont mis à remonter dans la deuxième partie de 2003. Le nombre total de bovins canadiens abattus devrait être inférieur d’environ 12 p. 100 pour l’ensemble de l’année. Les exportations internationales de bovins ont cessé le 20 mai 2003, ce qui explique que les exportations de bovins sur pied en 2003 n’aient représenté que le tiers des exportations de l’année d’avant.
  • Les recettes du secteur porcin devraient augmenter de 5 p. 100 en 2003 en raison d’une légère hausse des prix et des mises en marché. Alors que le marché a enregistré une forte croissance d’environ 13 p. 100 du prix des porcs américains, la majeure partie de cette hausse a été neutralisée par la vigueur du dollar canadien, en vertu de laquelle l’augmentation des prix des porcs n’a été que de 1,5 p. 100 en dollars canadiens.
  • Les recettes des produits soumis à la gestion de l’offre devraient augmenter en 2003 grâce à une majoration des recettes du secteur laitier et de la volaille. Les mises en marché de bovins laitiers devraient connaître une hausse en 2003 en raison d’une demande relativement plus forte de bovins laitiers alors que leurs prix devraient continuer d’augmenter en raison d’une hausse des prix de soutien. Les recettes de la volaille devraient augmenter en 2003, principalement à cause d’une augmentation des prix du poulet. Les mises en marché et les prix des oeufs continueront d’augmenter dans la plupart des provinces, car la demande d’oeufs continue d’augmenter et d’afficher un taux de croissance régulier.

Paiements au titre des programmes

  • Les paiements au titre des programmes des gouvernements fédéral et provinciaux devraient atteindre le chiffre record de 5 milliards de dollars. Cela englobe l’assurance-récolte (1,8 milliard de dollars), le Programme de rétablissement de l’ESB (426 millions de dollars), le Compte de stabilisation du revenu net (CSRN) (759 millions de dollars), le Financement fédéral de transition (446 millions de dollars), le Programme d’aide aux producteurs 2003 – les paiements provisoires du PCSRA (22 millions de dollars) et le Programme canadien de revenu agricole (PCRA) (402 millions de dollars).
  • Les importants paiements accordés en vertu du PCSRA pour l’année de programme 2003 seront versés en 2004, de même que les paiements accordés en vertu du Programme des animaux de réforme de l’ESB annoncé le 21 novembre. En outre, il y a 4 milliards de dollars dans les comptes du CSRN qui pourront être retirés en 2004 au fur et à mesure que le programme est progressivement supprimé.

Dépenses

  • En 2003, les dépenses d’exploitation devraient augmenter parallèlement aux facteurs de production des cultures, aux coûts de la main-d’oeuvre agricole et aux coûts de carburant. Les dépenses consacrées aux engrais et aux pesticides devraient augmenter en 2003 en raison d’une augmentation des prix des engrais et de l’utilisation des pesticides, en particulier dans les Prairies, ce qui s’explique par une hausse des prix du gaz naturel et une infestation de sauterelles. On prévoit que les prix des semences seront plus élevés à cause de la sécheresse qui a sévi dans l’Ouest du Canada et qui a gravement compromis la qualité et la quantité des semences en 2003.
  • Les dépenses de main-d’oeuvre agricole et de carburant pour les engins agricoles devraient augmenter en raison d’une hausse des prix et d’une plus grande utilisation. En revanche, les achats de bétail devraient sérieusement baisser à cause de la fermeture des marchés aux exportations de boeuf résultant d’un cas d’ESB décelé sur une seule carcasse de bovin. Les prix des aliments du bétail devraient eux aussi baisser à cause des approvisionnements relativement importants et de la vigueur du dollar canadien. Les frais d’amortissement devraient connaître une légère hausse en 2003.

NOTES :

  1. Les prévisions sur le revenu agricole ont été établies par le Ministère avec le concours des gouvernements provinciaux et elles reflètent les données et les politiques en place jusqu’à la fin du mois de décembre. AAC est chargé de préparer des prévisions préliminaires en se fondant sur un ensemble d’hypothèses sur les quantités et les prix et en consultant les provinces pour obtenir leur apport et parvenir à un consensus sur les prévisions et leur divulgation au public.
  2. Les résultats de 2003 diffèrent des prévisions d’avril car ils reflètent plus fidèlement la production réelle, les prix et la conjoncture commerciale qui prévaut actuellement. En bref, les prévisions de janvier indiquent que le revenu agricole chutera radicalement par rapport aux prévisions d’avril à cause des effets conjugués de l’ESB, d’un dollar canadien fort que l’on n’attendait pas et d’une sécheresse imprévue en Saskatchewan en 2003.
  3. Le REVENU NET COMPTANT mesure les liquidités des exploitations agricoles (recettes brutes diminuées des dépenses d’exploitation) résultant de la production de produits agricoles. Il représente l’argent dont disposent les producteurs pour rembourser leurs dettes, engager des investissements ou opérer des retraits. Le REVENU NET RÉALISÉ mesure les flux financiers, à la fois monétaires (revenu comptant) et non monétaires (dépréciation et revenu en nature) des exploitations agricoles. Il représente le revenu agricole net d’une année donnée, peu importe l’année où les biens agricoles ont été produits. Le REVENU NET TOTAL mesure les flux financiers et les changements de stock des exploitations agricoles. Il mesure la valeur de la production économique agricole durant l’année où les biens agricoles ont été produits. Il représente le rendement des capitaux propres du propriétaire, la main-d’oeuvre non rémunérée, la gestion et les risques.
  4. Même si les prévisions sont présentées sous forme d’un seul chiffre, chaque chiffre représente en fait le point médian d’une fourchette prévisionnelle ou d’un intervalle de confiance qui est implicite mais non mentionné. Un changement mineur aux recettes ou aux dépenses peut avoir des conséquences majeures sur les niveaux de revenu net. Par exemple, une augmentation de 1 p. 100 des recettes agricoles de 30 milliards de dollars aboutit à une hausse de 12 p. 100 du revenu net réalisé se chiffrant à 2,8 milliards de dollars.
  5. Les paiements du Compte de stabilisation du revenu net (CSRN) représentent uniquement les retraits opérés par les producteurs dans le fonds 2 (fonds de l’État). Les montants élevés accumulés dans le fonds 1 (fonds des producteurs) et les facteurs non réalisés dans le fonds 2 ne sont pas compris. Le programme est conçu en fonction des revenus individuels et tient compte de l’ensemble de l’exploitation. Les producteurs ne sont pas contraints de retirer de leur compte les montants autorisés.
  6. L’année de référence (2003) représente les estimations publiées par Statistique Canada le 25 novembre 2003.

Note aux lecteurs
Le ministère diffuse normalement une prévision de deux ans en janvier. Cependant, étant donné la grande incertitude concernant le marché nord américain des bovins, la préparation et la publication des prévisions de 2004 seront retardées jusqu’à ce que l’on connaisse plus clairement les répercussions sur le marché et les échanges commerciaux de la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) aux États-Unis.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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