Pyrale et chrysomèle, ces charmantes bestioles

La saison 2015 a bien débuté avec une température qui a été favorable aux semis et les cultures progressent grâce au retour de la chaleur. Avec l’apparition prochaine des croix sur les plants de maïs, il est conseillé de faire un repérage de certains prédateurs tels que la chrysomèle ou la pyrale afin d’évaluer s’ils sont présents et si oui, quels est leur progression et les dommages causés.

Détecter la chrysomèle
Stéphane Myre, agronome pour Dekalb, recommande de déterrer cinq plants consécutifs dans trois endroits différents, de préférence des plants non traités qui serviront de marqueur à une possible infestation à la chrysomèle. Il faut ensuite laver les plants en les laissant tremper au moins 30 minutes dans une cuve d’eau pour ensuite enlever doucement la terre. Si des larves ou des pupes de chrysomèle sont présentes, elles flotteront à la surface. Une fois lavée, les dommages sur les racines peuvent être notés. Les dommages et les signes de sectionnement seront visibles sur les nœuds situés à au moins quatre centimètres de profondeur.

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La pyrale, trop souvent sous évaluée
Selon l’agronome, les conséquences de la pyrale sur le rendement sont souvent sous-estimées puisque les plants de maïs peuvent tolérer un certain niveau d’infestation qui peut également varier d’année en année.

Au Canada, on distingue deux principaux types biologiques de pyrale du maïs : univoltine et bivoltine. La pyrale univoltine donne naissance à une seule génération par année et la pyrale bivoltine en produit deux. La pyrale univoltine est présente partout dans les zones plus au nord et plus froides, tandis que la pyrale bivoltine se limite à certaines zones du Sud-Ouest ontarien, du Québec et de l’Ouest canadien.

Puisqu’il y a un lien entre le climat et l’éclosion, le développement de la pyrale univoltine peut être plus lent et l’émergence peut s’étendre sur une période pouvant atteindre cinq semaines, ce qui peut compliquer les efforts de lutte. La pyrale univoltine apparaît généralement à la fin juin ou au début juillet, et la seconde génération émerge de juillet jusqu’à la mi-août3.

L’arrivée des papillons peut dépendre des conditions climatiques de la saison. Les dommages causés par les larves se limitent le plus souvent aux feuilles qu’elles mangent et aux tiges dans lesquelles elles percent des tunnels. Les papillons femelles préfèrent pondre leurs oeufs dans les champs de maïs aux stades de la floraison et du début de l’apparition des soies. Généralement, la quantité d’oeufs pondus et le degré d’infestation sont plus élevés dans les champs en retard ou ensemencés d’hybrides plus tardifs. Les larves de stade plus avancé continuent à se nourrir des tiges et panicules ainsi que de la hampe et du rafle des épis. Les larves de pyrale du maïs peuvent pénétrer dans l’épi par divers endroits sans nécessairement laisser de trou.

Puisque la période d’émergence de la pyrale univoltine est longue, il est recommandé d’utiliser la mesure de l’accumulation des degrés-jours pour déterminer le meilleur moment pour débuter le dépistage (voir le tableau).

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Dans le champ, il faut examinez au moins 10 verticilles à 10 endroits dans chaque champ, en portant attention aux masses d’œufs et aux feuilles présentant des dommages en piqûres d’aiguille. Prenez note du nombre de plants endommagés. Arrachez et déroulez plusieurs verticilles à chaque point de contrôle dans le champ et comptez le nombre de larves vivantes. La présence d’œufs ou de dommages sur 5 % des plants examinés peut justifier un traitement insecticide.

Stéphane Myre recommande de visiter les champs à chaque semaine pour déceler la présence de pyrale. Parmi les signes à surveiller, des traces de minage des tiges et de dommages à la hampe et à l’extrémité des épis, la présence de sciure et de minage là où une tige s’est rompue. Les seuils d’intervention économiques varient, mais un traitement est recommandé contre les larves si la présence de masses d’œufs frais ou éclos ou de jeunes larves à l’aisselle des feuilles sont notables sur 25 % des plants.

Source: Dekalb

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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