Retrait des animaux des cours d’eau : les producteurs ont découvert des solutions à leur portée

Gatineau (Québec), 21 septembre 2005 – Près d’une centaine de personnes ont participé à la journée de démonstration au champ qui s’est déroulée le samedi 17 septembre dernier sur le site du pâturage communautaire de Canards Illimités Canada, chemin de Montréal Est (route 148), à Gatineau (secteur Masson).

La journée de démonstration visait à faire connaître aux entreprises agricoles de la région des solutions réalistes, pratiques et rentables permettant le retrait des animaux des cours d’eau, la protection des bandes riveraines et l’aménagement de sites d’abreuvement. Sur place, les participants ont pu s’arrêter à différents postes de démonstration ayant trait aux sujets suivants :
aire d’abreuvement aménagée (abreuvoir sur poussière de sable, flotte, etc.)
système d’amenée d’eau (pompe solaire, batterie marine et système à pression)
clôture électrique (fil métallique, mise à la terre et isolateur)
ponceau et passage à gué

Les visiteurs ont eu l’occasion de rencontrer des conseillères et des conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, des représentants du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, de même que des fournisseurs d’équipement et de services. Cette activité visait, somme toute, à aider les éleveurs de la région qui doivent relever ce défi agroenvironnemental que représente le retrait des animaux des cours d’eau.

Cette journée de démonstration était organisée par les conseillères et les conseillers en agroenvironnement de la direction régionale du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation en Outaouais, avec la collaboration de Canards Illimités Canada, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, la Table de concertation agroalimentaire de l’Outaouais ainsi que des commanditaires de la région.

La protection des cours d’eau : les producteurs de l’Outaouais y voient
Les entreprises agricoles dont les animaux ont accès aux pâturages sont concernées par l’article 4 du Règlement sur les exploitations agricoles (REA). Depuis le 1er avril 2005, ce règlement interdit l’accès des animaux aux cours d’eau et aux bandes riveraines. Dans l’Outaouais, plus de 500 entreprises de production animale sont visées par ce règlement

Cette restriction a pour objectif de protéger la faune et les cours d’eau des effets de l’agriculture et de réduire ainsi la pollution diffuse. Bon nombre de producteurs de l’Outaouais sont passés à l’action. Ils ont aménagé des sites d’abreuvement et clôturé les cours d’eau vulnérables sur leur terre. En 2003 et 2004, plus de 70 entreprises ont effectué des travaux de ce type, aménageant des aires d’abreuvement et installant près de 52 km de clôtures. Les investissements réalisés par ces entreprises pour réduire la pollution diffuse sont de l’ordre 800 000 $, ce qui équivaut à une moyenne de près de 11 500 $ chacune. En 2005, plus de 120 entreprises ont fait appel à ce sujet aux services du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et comptent réaliser des travaux dans le but de rendre leurs entreprises conformes aux exigences environnementales.

Des aménagements qui visent à maintenir la qualité des cours d’eau
Différents aménagements contribuent à protéger les cours d’eau et à prévenir l’érosion des berges. Parmi ceux-ci, mentionnons les bandes de protection riveraines et les aires d’abreuvement (1) :
Une bande de protection riveraine est une bande de terrain conservée sous couverture herbacée et arbustive permanente de chaque côté d’un cours d’eau. Cette zone tampon, soustraite aux pratiques annuelles de travail du sol doit être exempte de toute application de produits susceptibles de polluer les eaux de surface.

Les avantages des bandes de protection riveraines sont nombreux. En plus de réduire l’érosion des berges et les pertes de sol dans le cours d’eau, ces zones tampons procurent un habitat essentiel à la faune et permettent d’accroître la biodiversité. Elles ont aussi une incidence très positive sur la sécurité au travail des opérateurs de machinerie agricole.

Les sites ou aires d’abreuvement permettent de limiter l’accès des animaux aux rives des cours d’eau. Comportant abreuvoir et amenée d’eau, ils servent à alimenter en eau les animaux qui paissent. Des clôtures empêchent le libre accès du bétail aux rives qui n’ont pas de protection naturelle. Les rives et les talus du cours d’eau sont ainsi protégées de l’érosion, et le couvert végétal peut être restauré, ce qui contribue à la stabilité et à la pérennité des berges.

Un soutien technique et financier
Les coûts rattachés à ces aménagements sont très variables. Ils dépendent des types de travaux à réaliser, des matériaux utilisés et du type de main-d’oeuvre employé. Par exemple, en 2004, les coûts supportés par le producteur se sont situés entre 28 $ et 140 $ par unité animale. Cette variation s’explique par le fait que certains producteurs, ayant plus de zones vulnérables le long des cours d’eau, ont dû installer plus de clôtures. D’autres, qui n’avaient pas une eau de qualité à proximité des parcelles de pâturage, ont dû aménager des puits de surface ou installer des conduites d’eau plus longues.

La première étape à franchir pour aménager un site d’abreuvement ou une bande de protection riveraine sur une exploitation agricole est la planification des travaux. Celle-ci consiste à acquérir une vision globale des parcelles de terre, de la topographie de la ferme et des sources d’eau de qualité potentielles. Les conseillères et les conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) sont en mesure d’accompagner les entreprises dans cette démarche de planification. Ils peuvent notamment les informer sur les types de systèmes d’abreuvement adaptés à la situation de chacune.

En plus de fournir un soutien technique, le personnel du MAPAQ peut évaluer les possibilités d’obtention d’une aide financière au titre du programme Prime-Vert. Cette aide fédérale-provinciale peut couvrir 70 % des coûts jusqu’à un maximum de 30 000 $ par entreprise.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Canards Illimités
http://www.ducks.ca/index.html

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

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