Révolution sous terre

Cet été, des scientifiques sont débarqués dans un champ du sud-ouest de l’Ontario pour y mener une enquête plutôt inusitée.

Le producteur Dean Glenney, à Dunnville, dans le sud-ouest de l’Ontario.

Le producteur, Dean Glenney, ne soupçonne la présence d’aucune maladie mystérieuse, ni mauvaise herbe devenue résistante aux herbicides. Une chose est louche, par contre : il obtient jusqu’à 18,7 tm/ha de maïs-grain avec des doses d’engrais équivalentes à celles qu’utilisent ses voisins. Son rendement moyen est de 14 tm/ha, tandis que la moyenne de son comté se situe à 8,47 tm/ha.

Plusieurs d’entre vous ont fait la connaissance de Dean Glenney dans les pages du Bulletin des agriculteurs de juillet dernier. Il cultive en semis direct en continu, en rotation maïs-soya, semant exactement au même endroit année après année.

Lors d’une conférence à Montréal l’hiver dernier, Dean Glenney a rencontré George Lazarovits, directeur de la recherche chez A & L Canada Laboratories à London, en Ontario. L’idée d’un projet de recherche a fait son chemin.

Scientifiques et techniciens compareront la microflore du sol chez Dean Glenney avec celle d’un champ voisin pour tenter d’élucider le mystère de ses rendements si élevés. On y recensera tous les types de bactéries du sol en les identifiant à l’aide de leur ADN.

« Mon hypothèse est qu’en ne perturbant pas le sol et en se limitant à deux cultures, Dean Glenney a changé la composition bactérienne de son sol. La quantité élevée de bactéries crée probablement une banque d’éléments nutritifs », avance George Lazarovits. Actives, ces bactéries aident à la croissance des plantes. Lorsqu’elles meurent, elles se transforment en engrais.

Après avoir connu des gains phénoménaux par l’usage d’intrants chimiques et l’amélioration de la génétique des semences, la hausse de productivité de nos cultures passerait-elle maintenant par une meilleure activité biologique dans le sol? De plus en plus de gens y croient, même au sein des multinationales de l’agrochimie. Par contre, il se fait encore peu de recherche en ce sens.

« Il se passe énormément de choses que nous ne comprenons pas encore avec les bactéries qui vivent dans les racines et dans le sol », soutient le professeur Donald Smith, de l’Université McGill. S’il se faisait plus de recherche, croit-il, c’est tout le potentiel des microorganismes qui serait exposé, que ce soit pour combattre les maladies et les stress hydriques et alimentaires, ou pour stimuler les rendements.

Lisez l’article au complet dans Le Bulletin des agriculteurs du mois de septembre.

S’abonner au Bulletin des agriculteurs

 

 

Commentaires