SOS Pronovost : des gérants d’estrade selon l’UPA

Longueuil (Québec), 8 mai 2009 – Les organisations militantes faisant l’apologie du rapport Pronovost, plus d’un an après sa publication, font abstraction du fait que l’application de ses recommandations fragiliserait à très court terme le modèle agricole qu’elles prétendent défendre. En ce sens, il y a lieu de se questionner sur leur compréhension des enjeux et de constater que ces organisations ne sont pas représentatives du monde agricole, incluant l’Union paysanne dont la majorité des quelque 450 membres, jusqu’à preuve du contraire, ne sont pas des agriculteurs. Précisons à ce chapitre que 95 % des 43 000 agriculteurs québécois continuent d’adhérer volontairement à l’UPA, même si le membership (à distinguer de la cotisation) n’est pas obligatoire et qu’il n’est pas requis pour obtenir le statut de producteur agricole et recourir aux programmes gouvernementaux afférents. Ils le font donc par choix.

La création, en 2007, de la Commission sur l’avenir de l’agriculture etde l’agroalimentaire québécois (CAAAQ) avait suscité beaucoup d’espoir chezles producteurs agricoles. Le Québec allait enfin, espérait-on, se doter d’unevéritable politique agricole, choix qui aurait favorisé la pérennité del’agriculture et la vitalité du monde rural. Or, la réalité fut tout autre.

Rappelons que le gouvernement du Québec, depuis la publication de cerapport, multiplie les attaques sur l’agriculture et les agriculteurs. Eneffet, qu’il s’agisse de remettre en cause l’existence del’assurance-stabilisation des revenus agricoles, de priver l’agriculture desbudgets lui permettant d’affirmer réellement sa pérennité ou de laisser auxagriculteurs le fardeau de la preuve quant à leurs mécanismes de mise enmarché, tel est l’héritage de ce rapport appuyé, en grande partie, par desintervenants marginaux par rapport au monde agricole.

Pour l’UPA, les piliers agricoles remis en cause depuis la publication durapport Pronovost sont ceux-là même qui ont favorisé le maintien d’uneagriculture à dimension humaine, l’accès au panier d’épicerie parmi les moinschers au monde, la production d’aliments d’une qualité exceptionnelle,l’éclosion de milliers de produits du terroir et la protection de notrepatrimoine territorial. Tous des enjeux cruciaux auprès de la population. Lesmoyens proposés par SOS Pronovost favoriseraient donc, paradoxalement, uneagriculture à l’américaine où la loi du plus fort domine, où les petitesfermes familiales disparaissent l’une après l’autre faute de soutien, oùl’achat local, l’alimentation de proximité et les circuits courts sont desconcepts mis de côté au profit d’une “walmartisation” de l’alimentation et oùle bilan environnemental est moins éloquent qu’au Québec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ)
http://www.caaaq.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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