Soya : pas avant le 1er mai

Il y a semer tôt, puis semer très tôt. Dans le cas du maïs, si les conditions de champ sont bonnes et que la météo des prochains jours est clémente lors de la dernière semaine d’avril, on y va. Dans le soya, vaut mieux attendre au 1er mai.

« La fenêtre optimale pour semer le soya est du 1er au 15 mai », affirme l’agronome François Labrie, conseiller spécialisé en maïs et en soya à La Coop fédérée. On parle ici de la Montérégie.

Avec l’arrivée des traitements de semence, le discours est aux semis de soya en même temps que les semis de maïs. « Ce qui est bon pour le maïs et bon pour le soya », disent les intervenants, pour encourager les producteurs à adopter une régie aussi intensive dans le soya que dans le maïs. Par contre, très tôt en saison, le soya est un peu plus fragile.

« Le traitement de semence n’est pas à toute épreuve », prévient François Labrie. Si la semence de soya reste trop longtemps dans le sol, la fenêtre d’entrée pour les maladies du sol sera plus longue. Les symptômes pourraient ne pas être apparents en mai ou juin, mais au mois de juillet, le soya peut connaître la mort subite ou souffrir de pourriture racinaire.

On peut aussi semer du soya au 29 ou 30 avril, nuance François Labrie. Il faut cependant tenir compte des conditions météorologiques. Si on annonce de la pluie accompagnée d’un front froid, vaut mieux laisser les semences à l’entrepôt. Le soya a besoin de 10 degrés pour germer.

Contrairement au maïs, le point de croissance du soya se situe au-dessus du sol dès l’émergence. La plantule est donc vulnérable au gel. Si le maïs ne tolère pas -2 degrés C, le soya quant à lui ne tolère pas plus froid que -2,8 degrés C. La différence, selon François Labrie, c’est qu’un soya qui gèle devra nécessairement être ressemé, alors qu’un maïs peut perdre ses premières feuilles et survivre.

En cas de semis hâtifs, vaut mieux choisir des cultivars tardifs, afin de profiter d’une saison plus longue. Puisque le soya est une plante photosensible, en semant trois semaines plus tôt, on ne récoltera qu’une semaine plus tôt.

En semant tôt, on prolonge la période végétative du plant, explique François Labrie. « Quand il tombera en phase reproductive au 21 juin, le plant aura plus de noeuds et plus de trifoliés. Il aura fait plus de photosynthèse et il formera plus de gousses. »

Rendement
Les études tendent à démontrer qu’un soya semé trop tôt ne donne pas un rendement supérieur. Des essais en parcelles de démonstration réalisés par La Coop fédérée ont donné les rendements suivants :
Semis le 24 avril : 4302 kg/ha
Semis le 7 mai : 4593 kg/ha
Semis le 28 mai : 3992 kg/ha
Semis le 16 juin : 3662 kg/ha

 

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