Un retour à la vaccination totalement exclu en Europe

Paris (France), 15 mars 2001 – Un recours systématique à la vaccination contre la fièvre aphteuse en Europe est « totalement exclu », a estimé jeudi le secrétaire de la commission de lutte de la FAO contre la maladie, Yves Leforban.

Créée en 1954, cette commission européenne de lutte contre la fièvre aphteuse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) « avait prévu depuis 1990, pour les dix ans à venir, entre un et 50 foyers primaires (correspondant à l’appparition du virus dans un pays) et de 25 à 1000 foyers secondaires (correspondant à la contamination d’autres élevages) » de fièvre aphteuse, explique-t-il dans une interview au Monde. « L’épizootie britannique actuelle, avec un peu plus de 200 foyers, ne modifie pas fondamentalement l’analyse économique faite il y a dix ans ».

« Un certain nombre de pays n’étaient pas très favorables à l’arrêt » de la vaccination décidée en 1991, affirme-t-il, « c’était le cas de la France ». Mais « si l’Europe souhaitait continuer d’exporter vers les pays indemnes, il fallait arrêter de vacciner ».

Yves Leforban assure que s’« il s’agissait d’abord d’une décision prise au vu d’études coûts-bénéfices, il y avait aussi des arguments sanitaires, les pays continuant la vaccination prenant le risque de laisser circuler le virus aphteux dans leurs populations animales ».

Malgré l’apparition de la maladie en Europe, « un retour à la vaccination telle qu’elle était pratiquée avant 1991, c’est totalement exclu », souligne le secrétaire de la commission de lutte. « L’Union européenne ne pourrait se permettre d’adopter une telle politique alors qu’elle fait preuve d’un dynamisme commercial certain vers les Etats-Unis, le Canada (…). Vacciner, ce serait s’exclure de ces marchés internationaux ».

Source : AP

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