Financement agricole Canada (FAC) a annoncé la formation d’une coalition composée de plus de 20 organismes d’investissement prêts à investir jusqu’à 5 G$ dans le secteur agricole et agroalimentaire canadien d’ici 2030. Le but est d’augmenter la productivité des fermes.
En ajoutant les 2 G$ déjà promis par FAC Capital, dont 235 M$ pour l’exercice financier se terminant en mars 2026, le montant global pourrait s’élever à 7 G$. À titre de comparaison, l’investissement total dans l’innovation agricole était évalué à seulement 270 millions de dollars par an en 2021, selon Leadership avisé RBC. « Il s’agit d’une étape majeure pour le Canada et potentiellement de l’engagement le plus important jamais pris envers l’industrie agricole et agroalimentaire canadienne », selon l’organisme.
FAC indique que « le Canada a besoin de davantage de capitaux pour intensifier l’innovation et la commercialisation tout au long de la chaîne de valeur, surtout compte tenu de la valeur nettement supérieure des transactions en agrotechnologies aux États-Unis, ce qui révèle un écart et une occasion à combler ».
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La coalition rassemble des acteurs internationaux, des fonds de capital de risque et des spécialistes du financement d’infrastructures, de multiples secteurs et stades de développement, indique-t-on, tels que Bonnefield Financial, RBC ou encore Tikehau Capital. FAC a joué le rôle de catalyseur pour les réunir et plusieurs d’entre eux en seraient à leurs premiers pas dans le secteur.
Alignement sur les priorités en agriculture
Interrogé sur l’utilisation de ces fonds, FAC souligne que chaque investisseur sera en charge de ses propres décisions d’investissement. « Le rôle de FAC est de réunir le groupe, de maintenir l’alignement et d’organiser des réunions régulières pour suivre les progrès et identifier les priorités et les opportunités d’investissement. »
Pour les investissements de FAC Capital, l’institution compte miser sur les innovations qui génèrent des résultats concrets pour les producteurs (gains de productivité, réduction des coûts, etc.). Elle dit rechercher des solutions répondant aux besoins des producteurs : productivité, résilience, durabilité et compétitivité à long terme, incluant les technologies agricoles, les infrastructures, l’IA, les données, l’agriculture de précision et la protection des cultures. « Nous continuerons de suivre les résultats au niveau des producteurs (productivité, économies de coûts, taux d’adoption) et de prendre en compte leurs commentaires. »
La société de financement a montré en exemple son financement dans Ground Truth Agriculture, à Regina, qui utilise l’intelligence artificielle (IA) pour le classement automatisé des céréales en temps réel, ce qui permet de réduire les pertes financières dues aux erreurs humaines. Une autre entreprise, UNDO, déploie à grande échelle l’altération accélérée des roches sur les terres agricoles pour améliorer la santé des sols et des cultures et éliminer le carbone, sans mettre les terres hors production.
Le privé au service du producteur?
L’entrée massive de capitaux privés soulève des questions sur le partage des richesses liées à l’innovation. N’y a-t-il pas le danger de voir quelques individus être privilégiés au détriment de l’ensemble des agriculteurs? FAC ne s’est pas prononcée sur la coalition d’investisseurs, mais assure que de son côté ses décisions sont soumises à un processus d’évaluation rigoureux. Surtout, l’organisme garantit qu’aucun fonds utilisé pour l’innovation n’affectera sa capacité de prêt traditionnelle aux producteurs, qui demeure sa priorité.
Au même titre, FAC n’a pas voulu commenter à savoir si l’argent pourrait servir aux centres de recherches récemment fermés par le gouvernement fédéral. « Notre priorité est de faire savoir aux investisseurs qu’il existe d’énormes possibilités dans le secteur agroalimentaire canadien », a-t-elle ajouté à ce propos.
L’objectif principal est d’accélérer la commercialisation de technologies de pointe et de stimuler la productivité et la résilience tout au long de la chaîne de valeur, renforçant ainsi la sécurité alimentaire et la compétitivité du Canada.
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