Un petit régime minceur s’impose?

Jean-Philippe Boucher agr., MBA - [email protected]

Après un « rallye » très intéressant des prix depuis le début de 2012, spécialement depuis la mi-mars, il semble finalement que ceux-ci soient mûrs et en cours de correction. Et ce n’est pas si surprenant quand on pense qu’au bas mot, pour livraison « spot » le prix du maïs a grimpé de 30-40 $ la tonne en moyenne et le soya de 50-60 $ la tonne.

Est-ce donc dire que le « party » est fini et que la hausse des prix tire définitivement à sa fin? Pas nécessairement.

Ce qu’il faut réalisé par contre, c’est que dans les faits, les prix des grains ont été emportés depuis quelques semaines par une nouvelle vague de spéculation à mon avis. Peut-être pas nécessairement du même ordre que ce que nous avons connu en 2011. Mais, plusieurs indications tendent à confirmer que les spéculateurs ont bel et bien été plus présents dernièrement et ont accentué la hausse des prix.

Bien sûr, concrètement, il avait de quoi aussi faire en sorte que les prix des grains grimpent: sècheresse en Amérique du Sud, reprise de la consommation (importations) de plusieurs pays dans le monde, recul de la production mondiale de soya, etc., etc., etc.  Sauf qu’avec le retour en plus grand nombre des spéculateurs, comme toujours, les marchés ont fini par s’emballer et se diriger dans une seule direction sans mettre les choses nécessairement en perspectives.

Gonflé à bloc et engorger de spéculation, les prix sont donc aujourd’hui forcés de subir une petite diète et nous voilà en phase de correction. Toute la question est maintenant à savoir à quel point les marchés voudront « couper dans le gras » ou non…

Dans le cas qui nous intéresse, c’est-à-dire le prix du maïs et du soya de cette année, il reste vrai que nous serons très serrés d’ici la prochaine récolte. Pour cette raison, il sera difficile de faire en sorte que les prix des grains reculent de manière trop importante.

D’un autre côté, si tout demeure idéal pour les cultures cette année aux États-Unis comme ça semble le cas actuellement, il sera difficile aussi de croire que les prochaines récoltes ne seront pas abondantes et que, par conséquent, les prix ne devraient pas baisser davantage.

Les marchés sont donc déchirés entre deux contextes très différents : trop peu de grains de disponibles d’ici la prochaine récolte et trop à prévoir suivant la prochaine récolte.

Mais en principe comme chaque année, tant que la partie ne sera pas gagnée concernant les conditions dont profiteront les récoltes de cette année aux États-Unis, les marchés resteront nerveux et supporteront très certainement des prix élevés avec, comme toujours, le plus de chance de voir ceux-ci atteindre des sommets en juin et début juillet.

à propos de l'auteur

Collaborateur

Jean-Philippe Boucher

Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., consultant en commercialisation des grains et fondateur du site Internet Grainwiz. De plus, il rédige sa chronique mensuelle Marché des grains dans le magazine Le Bulletin des agriculteurs.

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