Carence en potassium dans le soya

En juillet, plusieurs champs de soya affichent une carence en potassium (K). Le tour des feuilles jaunit et peut même brunir. Le problème peut être prévenu et il pourrait même être corrigé en cours de saison.

Le MAPAQ vient de publier sur le Réseau d’avertissements phytosanitaires un bulletin d’information détaillé (PDF) sur la carence en potassium chez le soya. On y apprend entre autres que seule une partie du K dans le sol est rapidement assimilable par les plantes et que les réserves de K varient énormément en fonction des types de sol.

Pour prévenir la carence en K, il est recommandé de fertiliser la culture en fonction de l’analyse de sol et en se référant aux grilles de référence en fertilisation. Toutefois, même avec une fertilisation adéquate, plusieurs facteurs peuvent influer sur l’absorption du K par les plantes :

Croissance des racines
Les facteurs favorisant une bonne croissance des racines (température et humidité du sol adéquates, bon drainage, plants en santé, etc.) permettent à la plante de mieux exploiter le profil de sol, et donc d’absorber plus de K.

Aération du sol
Un faible niveau d’oxygène dans le sol (ex. : dans un sol compacté) nuit à l’absorption du K par la plante.

Humidité du sol
Un taux d’humidité du sol trop faible ralentit le mouvement du K vers les racines et favorise des formes de K non assimilables. Par contre, un sol saturé en eau aura un mauvais niveau d’oxygénation et causera un développement racinaire limité.

Argile et matière organique
Les sols pauvres en argile ou en matière organique ont généralement des réserves en K moins élevés et des capacités d’échange cationique (CEC) plus faibles. Ils retiennent moins de K et sont donc plus sujets au lessivage. Ces sols peuvent nécessiter des applications plus fréquentes de K. De plus, les sols organiques (terres noires) peuvent être propices aux carences en K.

pH du sol et taux de saturation en K
Ces deux facteurs jouent un rôle important dans la disponibilité du K pour les plantes.

Correction d’une carence en K

En dépit du peu de travaux de recherche disponibles, certains essais au champ (à petite échelle et sans protocole scientifique) permettent de suggérer que le soya répondrait à une application de K à la suite d’un diagnostic fiable de carence.

Il serait possible d’atténuer les effets de la carence en appliquant du chlorure de potassium (0-0-60) ou autre source de K granulaire comme le sulfate de potassium et de magnésium (Sul-Po-Mag). Dans certains cas dans les régions du Centre-du-Québec et de la Mauricie (en sols sableux), même avec des applications aussi tardives qu’en fin juillet, des effets positifs ont été observés (plants plus développés, plus de gousses par plant, plus de grains par gousse et plus de rendement).

Un élément qui ressort de ces cas, c’est que dans les zones où les plants étaient visiblement carencés, le niveau de K du sol était inférieur à 100 kg/ha.

De façon générale, selon les observations faites dans le cadre de plusieurs essais et diagnostics au champ, les champs avec 100-150 kg K/ha ou moins (moyenne du champ) risquent d’entraîner une carence en K chez le soya. L’analyse de sol d’un champ constitue une moyenne, donc certaines parties du champ seront plus faibles ou plus riches en K. Le tableau 2 présente les résultats d’analyses de sol de zones carencées en K en comparaison avec des zones apparemment saines.

Lisez le bulletin d’information au complet, avec photos pour le diagnostique (document PDF)

À lire aussi, sur Le Bulletin.com : Soya en manque de potassium

 

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