L’année 2025 a été tout sauf calme sur le marché des machines agricoles. L’agressivité économique et l’imprévisibilité du gouvernement américain ont donné lieu à d’importants différends commerciaux qui ont gravement affecté le commerce mondial dans son ensemble et les bénéfices des entreprises du secteur des équipements agricoles.
L’imposition de droits compensateurs sur les ventes de soya américain a entraîné une perte de revenus considérable pour les agriculteurs américains.
Les droits de douane chinois sur le canola canadien, en représailles à l’accord de notre pays de suivre l’exemple des États-Unis et d’appliquer des droits de douane sur les véhicules électriques, ont exercé une pression à la baisse sur les revenus agricoles du Canada.
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Nouvelle série de tracteurs Fendt
Fendt a présenté lors du Commodity Classic au Texas sa nouvelle série de tracteurs 800 Vario Gen5 ainsi qu’une version mise à jour de la série 500 Gen4.
L’Association des manufacturiers agricoles du Canada estime que le secteur a ainsi enregistré une baisse de 30 % de ses ventes en 2025.
L’Association des fabricants d’équipements (AEM), qui suit les ventes de tracteurs et de moissonneuses-batteuses, indique que les ventes ont baissé tant aux États-Unis qu’au Canada.
Aux États-Unis, les ventes de tracteurs à deux roues motrices de plus de 100 chevaux ont enregistré une baisse globale de 22,6 % sur l’année. Les ventes de tracteurs à quatre roues motrices ont chuté de 41,6 % et celles de moissonneuses-batteuses de 35,6 %.
La situation au Canada était un peu plus encourageante, mais les ventes de tracteurs ont tout de même reculé : les achats de tracteurs de plus de 100 chevaux ont baissé de 12,1 % et ceux de tracteurs à quatre roues motrices de 23 %. En revanche, les ventes de moissonneuses-batteuses ont augmenté d’environ 3 %.
Tout cela s’est produit alors que le secteur des équipements agricoles se trouvait déjà près du creux d’un cycle de demande, avec des ventes lentes à l’approche de 2025.
Avec le retour des droits de douane chinois sur le canola à des niveaux plus normaux, le revenu agricole canadien devrait s’améliorer en 2026, à condition que les conditions météorologiques ne constituent pas un facteur limitant.
Aux États-Unis, le gouvernement a promis un deuxième plan de sauvetage pour atténuer la baisse des revenus due aux perturbations commerciales causées par l’administration Trump. En conséquence, un certain optimisme règne quant à l’amélioration des conditions de vente en 2026.
Cependant, comme l’administration américaine reste intransigeante dans sa posture consistant à imposer des sanctions et des droits de douane de manière apparemment arbitraire, ainsi qu’à menacer d’actions militaires d’anciens alliés, nul ne peut prédire comment le produit intérieur brut des pays occidentaux sera affecté, ni les revenus agricoles.
Il est toutefois évident que les marques de machines agricoles continueront de faire face à une baisse de leurs marges en 2026. John Deere, par exemple, estimait au milieu de l’année 2025 que les coûts liés aux droits de douane pèseraient sur sa production à hauteur d’environ 600 millions de dollars américains pour cet exercice fiscal. L’entreprise s’attend à ce que ce problème persiste en 2026.
Toutes les marques des secteurs des machines et de l’automobile sont confrontées à des hausses de coûts similaires.
Selon un communiqué de l’AEM, les droits de douane sur l’acier et l’aluminium auraient à eux seuls un impact d’environ 7 % sur les coûts de fabrication des marques. Cela signifie presque certainement que les agriculteurs devront faire face à des prix de vente plus élevés lors de leurs futurs achats de machines.
Cet article de Scott Garvey publié dans Farmtario a été traduit et adapté par Le Bulletin des agriculteurs.