Lancement de la saison 2005 des paniers bios

Québec (Québec), 24 mars 2005 – Dans le cadre de sa dixième année d’implication dans la promotion de l’Agriculture soutenue par la communauté (ASC), Equiterre lance la saison 2005 des fameux « paniers bios ».Cette formule, de plus en plus populaire, permettra cette année à plus de20 000 personnes de 14 régions du Québec de soutenir 97 fermes écologiques enéchange d’un panier de fruits, de légumes ou de viandes biologiques, livréchaque semaine via un réseau de 365 points de chute.

« Les citoyen(ne)s du Québec sont de plus en plus nombreux à rejeter lamalbouffe », a affirmé Madame Laure Waridel, cofondatrice et présidented’Equiterre. « Des milliers de familles délaissent l’alimentation industrielleau profit d’un système alimentaire local, solidaire, plus “santé” et plusrespectueux de l’environnement. On assiste à un tournant au niveau des valeursau Québec. Les citoyen(ne)s veulent se réapproprier le système alimentaire ».

Pour M. Frédéric Paré, agronome et coordonnateur du programmed’agriculture écologique chez Equiterre, le principal enjeu du systèmealimentaire actuel est d’arrêter de concevoir uniquement l’agriculture etl’agroalimentaire comme un secteur essentiellement économique. « De plus enplus de citoyen(ne)s redécouvrent le lien fondamental entre l’alimentation etla production agricole. Cette redécouverte s’opère sur toile de fond de santé,d’environnement, d’aménagement du territoire, d’équité, de solidarité et dudroit à l’alimentation. L’agriculture est de plus en plus comprise comme uneactivité fondamentalement sociale, politique et territoriale. Avec unecentaine de fermes alimentant plus de 20 000 personnes, l’ASC dépasse cetteannée le stade de symbole et prend une place de plus en plus importante »,précise-t-il.

Pour sa part, la présidente de la Commission de l’agriculture, despêcheries et de l’alimentation (CAPA) à l’Assemblée nationale, Madame FatimaHouda-Pepin, a tenu à saluer l’initiative d’Equiterre, de faire la promotiond’une agriculture soutenue par la communauté. « L’heure n’est plus auxdiscours, il faut agir, agir efficacement pour changer le comportement desconsommateurs(trices) québécois(es) en ce qui a trait à leur alimentation. Ilest désormais établi qu’une mauvaise alimentation a un impact direct sur lasanté publique. Il faut éduquer les consommateurs(trices) à manger desaliments sains, produits au Québec, par des agriculteurs qui ont à coeur lerespect de l’environnement et du développement durable. Cette éducation à lasaine alimentation doit commencer dès la petite enfance, pour arrêter lespectre de l’obésité et des maladies graves qui en découlent, et quireprésentent un coût énorme pour la santé de la population et les financespubliques » a déclaré la députée de La Pinière et présidente de la CAPA. LaCAPA, sous la présidence de madame Houda-Pepin, a longuement étudié lesnouveaux enjeux reliés à la sécurité alimentaire au Québec et a rendu publicdernièrement un rapport faisant autorité en la matière.

Pour la présidente de l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ), MadameClaire Bolduc, la formule ASC constitue un ensemble de pratiques agronomiqueset marchandes novatrices. « En matière de pratiques agricoles et de mode demise en marché, on doit encourager des modèles qui apportent des solutionsconcrètes aux enjeux de sécurité alimentaire, de développement durable del’agriculture, et de rapprochement entre agriculteurs et consommateurs(trices)au Québec. L’OAQ a fait valoir à maintes reprises l’importance de ces enjeux,notamment dans le cadre de consultations publiques en sécurité alimentaire etdéveloppement durable », a-t-elle affirmé.

Pour le président de Solidarité rurale du Québec, M. Jacques Proulx, lespolitiques gouvernementales ne favorisent pas l’émergence d’un rapportpourtant normal entre l’agriculture et l’alimentation. « Nous évoluons dans uncadre de politique agricole qui encourage la production pour la production etqui a tendance à exclure la production pour nourrir. Peu importe de qui lesconsommateurs(trices) s’alimentent ou pour qui les producteurs produisent. Al’heure où l’endettement agricole atteint un niveau record au Québec et dansun contexte où les revenus nets agricoles atteignent des niveauxhistoriquement bas, il faut se rendre à l’évidence que les politiques deproduction et d’exportation engendrent d’importantes ratées » a-t-il affirmé.« Il en va de la vitalité du monde rural, de la relève agricole et du contratsocial entre agriculteurs et citoyen(ne)s du Québec. L’ASC est certainementune des solutions à soutenir », ajoute-t-il.

« Aujourd’hui, nos aliments circulent en moyenne 2 600 km avant d’arriverdans nos assiettes. Et ils sont le résultat d’une intense compétition livréeentre agriculteurs, les forçant à adopter des pratiques industrielles ou àquitter l’agriculture. Pour notre ferme, l’ASC a été salvatrice en permettantla rencontre directe avec les citoyen(ne)s dans un esprit de solidarité et desoutien mutuel », témoigne M. Jean Roussel de la Ferme Cadet-Roussel, fermepionnière du réseau d’ASC coordonné par Equiterre. Pour M. Guillaume Baril, dela ferme Terra Sativa, nouvelle ferme du réseau, « l’ASC est une alternativeconstructive au système alimentaire prédominant. Elle permet la rencontreentre urbains et ruraux, la prise de conscience de l’origine des aliments, enplus de contribuer à rebâtir les liens de confiance entre producteurs etconsommateurs ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Équiterre
http://www.equiterre.qc.ca/

Ordre des agronomes du Québec
http://www.oaq.qc.ca/

Solidarité rurale
http://www.solidarite-rurale.qc.ca/


Commentaires