Un groupe de chercheurs européens a voulu mieux comprendre le bien-être émotionnel des porcs. Les résultats de la chercheuse Miriam Marcet-Rius et son équipe de l’Institut de recherche en semiochimie et éthologie appliquée (IRSEA) en France viennent d’être publié dans le journal Animals.
« L’évaluation du bien-être animal devrait impliquer le bien-être physique et mental, lit-on dans l’article. Le bien-être physique est relativement facile à mesurer. Néanmoins, il existe peu d’indicateurs possibles d’émotions positives chez les animaux de ferme, ce qui rend difficile l’obtention d’une analyse complète du bien-être. »
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Pour cela, les chercheurs ont utilisé deux indicateurs. Des études antérieures avaient démontré que les mouvements de la queue démontraient un indicateur d’émotion positive chez les porcs. De plus, une augmentation des mouvements d’oreille serait plutôt attribuable à des émotions négatives.
Trente-six porcs ont reçu l’un ou l’autre de ces enrichissements : paille sur un support, bûches de bois ou chaînes. Les résultats ont montré que la durée du mouvement de la queue était significativement plus longue lorsque les porcs présentaient une «utilisation élevée» que lorsqu’ils présentaient une «utilisation faible» d’enrichissement. Il y avait une corrélation positive entre la fréquence et la durée du mouvement de la queue.
Les chercheurs en concluent que l’augmentation du mouvement de la queue pourrait être considérée comme un indicateur d’émotions positives chez les porcs.
Par contre, les chercheurs n’ont pas trouvé de différence significative en lien avec les mouvements d’oreille. « En ce qui concerne les mouvements de l’oreille, cette étude a révélé la nécessité de poursuivre les investigations », lit-on dans le rapport.
Cette recherche pourrait jouer un rôle important dans l’amélioration de l’analyse de différentes émotions chez les porcs, améliorant ainsi l’évaluation du bien-être des animaux dans les systèmes d’élevage de porcs à l’aide d’indicateurs d’émotions valides, réalisables et non invasifs.