Le 18 mars 2026, les acteurs de la filière laitière sont conviés au 20e Rendez-vous laitier organisé par L’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC).
Pour Sébastien Lacroix PDG de l’AQINAC, ce type d’événement est plus pertinent que jamais, surtout en cette année qui ramène les négociations de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) et une transformation de la demande.
La programmation se veut d’ailleurs un reflet des sujets de l’heure, avec des conférences dont l’information est applicable et une approche entrepreneuriale de l’industrie, explique le dirigeant. Les thèmes sont présentés en tenant compte de différentes facettes, que ce soit au niveau du service-conseil ou de l’innovation dans le secteur. « On veut offrir une expérience 360 degrés de la ferme, ce qui peut l’influencer, tout en reflétant les discussions qu’on y retrouve. C’est d’autant plus important d’avoir ces informations et ces rencontres avec le contexte géopolitique actuel qui a une influence sur le climat d’affaires ».
À lire aussi
Avez-vous manqué ces articles ou BD?
Savez-vous quel est l’un des motifs de plaintes les plus fréquents chez les conjointes d’agriculteurs? Cliquez ici pour le savoir et découvrir les articles les plus populaires de la semaine.
Jean Charest compte d’ailleurs parmi les conférenciers invités de l’événement. Il parlera des enjeux et tendances dans les relations commerciales du Québec et du Canada. Il fait partie des coups de cœur de Sébastien Lacroix qui dit apprécier la vision de l’intérieur que l’ancien premier ministre du Québec apporte sur le contexte économique et politique actuel en tant que conseiller dans les négociations commerciales.
La programmation comprend la planification de projets d’envergure, un retour sur les 20 dernières années de l’industrie laitière et de ses changements, l’élevage des veaux, la génétique et un témoignage provenant d’une actionnaire de la Ferme Landrynoise.
Année pivot pour l’industrie laitière
Interrogé sur les enjeux de l’heure pour la filière, Sébastien Lacroix en cible deux. Le premier est la gestion de l’offre qui « est très importante pour la pérennité du secteur », et en second, la tendance des marchés. « Depuis 20 ans, on travaille avec la matière grasse, mais la tendance évolue, explique-t-il. On l’a vu dernièrement avec le changement au niveau des modes de paiements aux producteurs. Cela amène de nombreux changements importants et des questions de la part des intervenants pour le moyen à long terme : comment il faut adapter la stratégie dans le secteur laitier et comment le système s’adapte pour obtenir dans le futur quelque chose de très positif. »
Au moment de l’entretien, la Cour suprême des États-Unis venait tout juste d’invalider les tarifs imposés par la présidence américaine. Le PDG de l’AQINAC réagit aux derniers événements en indiquant que l’industrie est prête à répondre à tout changement, ce qu’elle fait d’ailleurs depuis un an. Il ne nie pas toutefois que les changements demandent une adaptation et influencent l’offre et la demande dans l’industrie. L’incertitude est l’élément le plus difficile à composer. « On est en mode observation pour trouver des solutions », dit-t-il.
Le secteur agricole connait aussi une période de turbulence à la suite des compressions annoncées par le gouvernement fédéral dans les centres de recherche à Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), ainsi qu’à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Sébastien Lacroix déclare que les annonces envoient une certaine complexité sur le terrain, alors que la réglementation demeure très présente. Il dit demeurer attentif aux prochains développements en rapport avec la situation. « On va voir (comment cela va se passer), mais c’est sur qu’il va y avoir un impact. »
Le PDG considère d’ailleurs comme positif le message de Financement agricole Canada (FAC) qui a réuni une coalition de firmes d’investissement avec comme objectif d’injecter dans la chaine de valeur agricole 5 G$ d’ici 2030 afin de favoriser l’innovation. « C’est juste du positif, l’agriculture est une industrie primaire qui est toujours présente (…) Lever des fonds pour s’adapter aux demandes du milieu, innover et demeurer compétitif est quelque chose qu’on voit d’un bon oeil. »
Sébastien Lacroix invite donc toutes les personnes concernées de près ou de loin au secteur à prendre part à l’événement qui se terminera par un 5 à 7 afin de souligner ses 20 ans. Il rappelle que les producteurs ainsi que la relève bénéficient d’un tarif préférentiel.
Pour d’autres articles concernant le secteur laitier, consultez la section laitplus en cliquant ici.