Les consommateurs recherchent activement des produits plus riches en protéines pour améliorer leur nutrition et la perte de poids.
La demande croissante en protéines se répercute sur l’ensemble de la chaîne alimentaire motivant les entreprises du domaine à y répondre.
Les consommateurs peuvent désormais acheter des aliments hautement transformés comme les Doritos, les gaufres et les Pop-Tarts enrichis en protéines. Pourtant, les grands gagnants de cette ruée vers l’or blanc sont les aliments protéinés naturels : le lait, la viande et les alternatives végétales denses comme le tofu.
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Pour les entreprises, cette tendance est une mine d’or en matière de différenciation pour la croissance du marché.
« Ce ne sont pas seulement les produits laitiers qui sont riches en protéines. Désormais il y a aussi tous les aliments auxquels on en ajoute », a expliqué Graeme Crosbie, économiste principal chez Financement agricole Canada, lors de l’assemblée annuelle des producteurs de lait de l’Ontario.
L’effet des protéines se fait sentir tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, avec une demande en croissance importante du fromage cottage et du poulet, et dans une moindre mesure du porc et du bœuf.
Les éleveurs de poulets canadiens peinent à répondre à la demande, et les producteurs laitiers de tout le pays se préparent à gérer les fluctuations des prix du lait, qui incitent à accroître la production de protéines.
Effet de l’apport en protéines sur l’emballage
Selon Carman Allison de NielsenIQ, 14 % des Canadiens scrutent désormais l’apport en protéines sur les emballages. Résultat : les produits affichant clairement cette mention enregistrent des croissances à deux chiffres.
« Si votre produit possède cette propriété, faites-le savoir sur l’emballage, car cela aura une incidence sur l’image que les consommateurs auront de ce produit », a-t-il déclaré.
Les régimes riches en protéines sont populaires, car le public est de plus en plus sensibilisé aux besoins en cette substance et à sa capacité de rassasier, alors que les gens tentent de réduire leur consommation de sucres et de calories.
Le fromage cottage est le dernier produit laitier à connaître un regain de popularité, avec une hausse de 32 % des ventes en volume d’une année sur l’autre.
Cette obsession pour la satiété, portée par la volonté de réduire sucres et calories, est dopée par un facteur inattendu : l’arrivée des médicaments GLP-1 (comme l’Ozempic).
Ces coupe-faim poussent les utilisateurs vers des aliments à haute densité nutritionnelle. Au Canada, environ 15 % de la population utiliserait ces traitements, lesquels entraînent une fonte des graisses, mais aussi musculaire. Pour contrer ce phénomène, la protéine devient le rempart indispensable.
Les yogourt, le lait de poule et les milkshakes, les fromages de charcuterie et la crème fouettée ont tous enregistré des augmentations de volume significatives en 2025.
« À court et moyen terme, il semble y avoir de réelles perspectives de croissance », a déclaré l’économiste principal chez FAC, tout en s’interrogeant sur la durée de cette tendance. Il a ajouté que la demande croissante et continue de beurre et d’autres produits laitiers riches en matières grasses observée ces cinq dernières années le rendaient optimiste.
Regain d’intérêt pour les protéines végétales
Les produits végétaux riches en protéines et bien connus, comme le tofu, connaissent également une hausse de leurs ventes. En revanche, les boissons végétales continuent de perdre du terrain face à la concurrence du lait.
Les boissons à base d’amandes, d’avoine, de noix de cajou et de riz ont toutes enregistré des baisses significatives au cours de l’année écoulée, tandis que les boissons à base de soya sont en hausse, probablement en raison de leur teneur plus élevée en protéines.
Les substituts végétaux aux produits animaux sont hautement transformés, et cela n’est pas populaire. « De nombreux consommateurs recherchent des produits naturels, et c’est évidemment l’un des avantages que vous avez dans cette catégorie », a déclaré Carman Allison.
Ce qui relie bon nombre de ces tendances, c’est la hausse de la demande en protéines, alimentée par un mélange complexe de perceptions, de recherches et de médicaments amaigrissants.
Selon Carman Allison, les ventes de produits laitiers devraient croître de 1 à 2 % cette année. La croissance des dernières années a été alimentée par l’augmentation de la population canadienne. Toutefois, les récents plafonnements de l’immigration ont entraîné un déclin démographique à la fin de 2025, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la demande de produits laitiers à court terme.
Cet article de John Greig publié dans Farmtario a été traduit et adapté par Le Bulletin des agriculteurs.
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