Le gouvernement canadien a annoncé le 13 mars qu’il allait permettre à davantage de travailleurs étrangers temporaires de s’établir dans certaines régions rurales, afin de pallier des pénuries de main-d’œuvre importantes.
L’honorable Joël Lightbound, ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement et lieutenant du Québec, a déclaré que les personnes admissibles à une prolongation pourront continuer à travailler pour leur employeur actuel pendant une période maximale de 12 mois.
Le gouvernement du Québec aura ainsi le temps d’examiner leur admissibilité à un Certificat de sélection du Québec avant qu’ils ne présentent une demande de résidence permanente.
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Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a créé cette mesure pour soutenir la nouvelle politique du Québec, pour aider les travailleurs à conserver leur emploi et pour veiller à ce que les efforts en matière d’immigration soient concentrés là où ils sont le plus efficaces. Cette mesure ne s’applique qu’aux personnes ayant reçu une invitation à présenter une demande de sélection permanente du Québec.
À la demande des provinces ou des territoires, les employeurs ruraux pourront maintenir leur nombre actuel de travailleurs étrangers temporaires peu qualifiés, et la proportion maximale autorisée de ces travailleurs passera temporairement de 10 % à 15 % de leur effectif total dans les régions admissibles, selon le communiqué du gouvernement du Canada.
Ces mesures entreront en vigueur dès le premier avril, selon les demandes des provinces et des territoires, et resteront en place jusqu’au 31 mars 2027.
Les employeurs des secteurs de la santé, de la construction et de la transformation alimentaire demeureront soumis à un plafond de 20 %. Les secteurs saisonniers, comme la pêche et le tourisme, continueront d’en être exemptés.
Le secteur agricole dispose de son propre programme dédié — le Programme des travailleurs agricoles saisonniers — mais peut aussi embaucher via le volet des postes peu qualifiés. Les entreprises d’abattage et de conditionnement de viande ont souvent eu recours à cette main-d’œuvre.
Accueil favorable du milieu agricole
La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a salué l’annonce. « Toute mesure qui évite aux entreprises de perdre des travailleurs expérimentés et formés est une bonne chose », affirme Jasmin Guénette, vice-président aux Affaires nationales à la FCEI.
La Fédération cherche toutefois à savoir si ces nouvelles mesures permettront de prolonger le séjour des travailleurs étrangers temporaires déjà présents au Canada.
Plus tôt cette semaine, elle avait signalé que 1,3 million de permis de travail devaient expirer d’ici la fin de 2026, dont plus de 300 000 d’ici la fin du mois de mars. « Les répercussions économiques pourraient être considérables », avait-elle averti.
Ces dernières années, le gouvernement libéral avait pourtant resserré les conditions d’accès au programme : refus de traiter les demandes pour des postes peu qualifiés dans les régions où le taux de chômage dépasse 6 %, réduction du plafond de travailleurs étrangers de 20 % à 10 % de l’effectif total, et raccourcissement de la durée maximale des permis de travail à un an.
Cet article de Geralyn Wichers publié dans The Western Producer a été traduit et adapté par Le Bulletin des agriculteurs.