Accueil timide d’Ottawa au projet de réforme agricole de l’UE

Ottawa (Ontario), 11 juillet 2002 – Le gouvernement canadien a accueilli avec prudence le projet de réforme de la politique agricole commune de l’Union européenne, soulignant cependant que plusieurs secteurs clés ne seraient pas touchés.

La Commission européenne a dévoilé mercredi un plan de réforme radicale des 40 milliards$ de subventions agricoles versées chaque année par l’Union européenne, proposant de cesser d’octroyer l’aide en fonction du type de production.

Le Canada est l’un des plus importants exportateurs de produits agricoles au monde.

La proposition — qui doit être approuvée par les gouvernements des 15 pays membres — prévoit également une réduction de 5% du prix garanti des céréales, une subvention à l’exportation que le Canada a longtemps dénoncée.

« Notre réaction préliminaire est positive, principalement parce qu’ils délaissent les subventions pour des produits spécifiques et que, dans un certain sens, ils essaient de découpler l’aide aux agriculteurs », a indiqué un haut fonctionnaire du ministère canadien de l’Agriculture.

En vertu des propositions de la réforme, les agriculteurs recevraient une aide unique limitée qui serait orientée vers le respect de l’environnement, le bien-être des animaux et la sécurité alimentaire.

Le fonctionnaire canadien a cependant noté que « certains éléments brillaient par leur absence ».

« Il n’est pas fait mention des secteurs du sucre, du vin et des spiritueux, et l’huile d’olive semble être épargnée, tout comme les fruits et légumes et les produits du tabac », a-t-il dit.

La Commission canadienne du blé, le plus grand commerçant mondial de blé et d’orge, soutient que la réforme pourrait profiter aux agriculteurs canadiens ainsi qu’à l’ensemble du commerce agricole mondial.

« Il y aura moins d’incitation à la surproduction dans l’Union européenne, et par le fait même moins de surplus à l’exportation », a affirmé Brian White, vice-président à l’analyse des matières premières et de la gestion de risque chez la Commission canadienne du blé.

Le gouvernement canadien dénonce depuis longtemps les subventions à l’exportation que les États-Unis et l’Union européenne versent à leurs agriculteurs.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime qu’en 2001, les subventions agricoles à la production de blé atteignaient 71$ la tonne aux États-Unis et 86$ la tonne pour les pays membres de l’Union européenne, tandis que les fermiers canadiens et australiens ne recevaient respectivement que 20$ et 4,60$ la tonne.

Irrité par une nouvelle loi américaine de 52 milliards$ sur six ans haussant les subventions aux cultivateurs, le Canada a dévoilé le mois dernier un plan d’aide de 5,2 milliards$ canadiens pour son secteur agricole.

« L’approche de l’Union européenne va dans une toute autre direction que la politique agricole américaine », a dit le fonctionnaire canadien.

Les propositions de la Commission européenne vont cependant se heurter à l’opposition de plusieurs pays, dont la France et l’Italie, selon le fonctionnaire canadien. Les discussions s’annoncent vives sur le dossier que la Commission européenne espère boucler au début de 2003.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

Commentaires