Artistes et politiques arrachent du colza OGM dans la Marne

Marne (France), 16 janvier 2003 – Un « collectif citoyen » de personnalités politiques et du spectacle a mené une action d’arrachage de colza transgénique dans un champ expérimental de la Marne pour exprimer sa solidarité à José Bové, « condamné à cause d’une légitime transgression citoyenne » dans sa lutte contre les OGM.

Préparée dans la plus grande discrétion par Greenpeace, Attac, Droit Devant! et la Confédération Paysanne, l’action d’arrachage réunissait des personnalités davantage habituées des plateaux de télévision.

Le député-maire Vert de Bègles, Noël Mamère, portait sur l’épaule une lourde bâche qui allait servir à couvrir la culture de colza OGM visée. L’actrice Anémone arrachait des plants à la bêche aux côtés de Marie-Christine Blandin (sénatrice Verts) sous l’oeil bienveillant de Mgr Gaillot, évêque de Parténia, pour qui « il est bien que les citoyens s’emparent d’un thème où l’avenir de notre alimentation est en jeu face au profit de multinationales des graines ».

Tous ont signé la grande banderole, « OGM = Danger. Tous concernés »: le cinéaste Robert Guédiguian, les comédiens Lambert Wilson, Christophe Alévêque, Philippe Torreton, les députés européens Harlem Désir (PS) et Hélène Flautre (Verts), l’ancienne ministre de l’Environnement Dominique Voynet ou des conseillers régionaux comme Jean-Paul Simonot (Nord-Pas-de-Calais).

Noël Mamère a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’arrêter la recherche sur les OGM en laboratoire et sous contrôle public. « Par contre nous ne pouvons laisser polluer les plantes non-transgéniques par le pollen de champs expérimentaux ».

Transgressions citoyennes

« Ici c’est un organisme d’étude des oléagineux, le CETIOM (Centre technique interprofessionnel des oléagineux métropolitains) qui, par des essais en plein champ, essaye de déterminer +l’ampleur des flux de gènes+, c’est à dire la dissémination des OGM par pollens interposés », précisait-il.

« Au Canada, tous les colzas ont été pollués par les colzas transgéniques après six ans d’utilisation des OGM », relayait Susan George, vice-présidente d’Attac. « Et maintenant Monsanto vient demander des droits aux agriculteurs qui utilisent des semences polluées par les pollens OGM (…) on vous pollue et en plus on vous demande de l’argent, un comble », concluait Noël Mamère.

José Bové avait été condamné à Foix à une amende de 3.000 euros pour avoir fauché un champ de colza transgénique ariègeois du même CETIOM, en avril 2000.

Jeudi, les plants de colza d’hiver ont été, pour quelques dizaines, déterrés et remplacés par des plants naturels, puis le « collectif citoyen » a déployé des bâches de plastique noir sur une grande partie du champ.

« Nous sommes solidaires de José Bové, et d’autres condamnés pour des transgressions citoyennes légitimes » ont-ils répété, dénonçant une « criminalisation injustifiée ». « Nous prenons nos responsabilités. Il faut un grand débat citoyen sur notre alimentation. Aux pouvoirs publics d’en assurer la tenue ».

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Confédération paysanne

http://www.confederationpaysanne.fr/

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

Commentaires