Une manifestation à Mirabel le 24 février a mis en relief les inquiétudes des agriculteurs et des citoyens affectés par le tracé préliminaire du projet de TGV reliant Québec et Toronto.
La priorité mise par le gouvernement fédéral sur le projet de TGV reliant Québec et Toronto fait craindre des conséquences irréparables par les producteurs agricoles.
La principale préoccupation du milieu agricole concerne des expropriations et des fragmentations de terres en lien avec le projet de loi C-15 qui autorise un processus accéléré dans les priorités ciblées.
À lire aussi
Offre d’emploi – Rejoignez notre équipe
Glacier FarmMedia est à la recherche d’une personne pour compléter son équipe. Plus de détails en cliquant ici.
Plusieurs producteurs étaient présents lors de la manifestation à Mirabel le 23 février en marge de la dernière consultation publique d’Alto dans la ville. Alto est une société d’État fédérale créée en novembre 2022 dont le rôle est de diriger et de gérer le projet du réseau de trains à grande vitesse.
Manque de transparence
Les producteurs agricoles, entre autres de Sainte-Scholastique–Mirabel, d’Argenteuil, de Deux-Montagnes, de Laval et des Basses-Laurentides dénoncent le manque de transparence d’Alto. Selon le tracé initial dévoilé le 14 janvier dernier, le projet de train à grande vitesse prévoit une bande de 10 kilomètres le long des autoroutes 15 et 50. Or, la loi C-15 modifie certaines dispositions de la Loi sur l’expropriation, ce qui permettrait au fédéral d’imposer unilatéralement le prix d’achat de terres agricoles, a indiqué le Bloc québécois qui s’oppose au processus actuel de consultation.

Cynthia Grondin, productrice maraichère, a fait une allocution lors de la manifestation. Elle a ajouté que les producteurs n’auront pas le droit d’avoir recours à un commissaire en cas de litige sur une expropriation, comme c’est le cas actuellement. Les gens touchés seront locataires de leurs terres et ne pourront agir sur ces dernières pour une période de deux ans.
« Avec C-15, on a les mains liées. On n’a rien à dire sur nos terres. Ça nous enlève des droits et c’est la même chose pour tous les projets innovants du gouvernement. C’est grave ce qui se passe, c’est une atteinte à nos droits », a-t-elle déclaré. Cynthia Grondin risque elle-même de voir les terres qu’elle loue être touchées par la zone de 10 km, ce qui risque de mener à la faillite l’entreprise qu’elle vient de démarrer.
« Ce projet a le potentiel de détruire nos terres, nos familles et l’avenir de notre garde-manger. Le gouvernement tente de passer ce projet en catimini, à une vitesse inacceptable », a déclaré Christian Couvrette, président du syndicat de l’UPA Ste-Scholastique-Mirabel.
Cynthia Grondin ajoute que le projet de loi C-15 sera soumis à un vote à la Chambre des communes. Le parti Conservateur a déjà indiqué qu’il approuverait le projet de loi. En attendant, une pétition circule pour empêcher le projet d’aller de l’avant sans avoir mené plus de consultations. Les producteurs et citoyens de la région réclament l’accès à plus d’informations, dont des études de faisabilité, ainsi que les coûts et fréquentation du futur TGV, dont le coût pour le moment est estimé à 100 G$.
Le projet rappelle de bien mauvais souvenirs aux producteurs qui ont été affectés par les expropriations pour la construction de l’aéroport de Mirabel qui a finalement mené à la restitution de terres des décennies plus tard. Plus de 1000 familles avaient été touchées à l’époque.
Pour lire d’autres articles d’actualité, cliquez ici.