Autorisation irresponsable d’un nouveau mais OGM par l’ACIA

Montréal (Québec), 24 juillet 2009 – Des représentants de la société sonnent l’alarme concernant les conséquences dangereuses de l’autorisation par le Canada du mais OGM SmartStax contenant huit gènes, ce qui indique un autre affaiblissement de la réglementation environnementale. Ce mais OGM est nouveau, car il empile huit gènes incluant deux de tolérance aux herbicides (Roundup et glufosinate) et d’autres qui produisent des insecticides. Ces gènes ont déjà été autorisés individuellement, mais jamais combinés ensemble. Ce mais SmartStax est le résultat d’un accord entre Monsanto et Dow AgroSciences.

D’habitude, l’ACIA publie un « document de décision » qui résume lesraisons pour justifier d’une autorisation. Cependant, il n’existe pas de teldocument justificatif pour le SmartStax. « On pourrait raisonnablement penserque l’ajout de huit gènes devrait être suffisant pour enclencher uneévaluation spécifique des risques environnementaux, mais l’ACIA n’offre aucunepreuve d’une telle évaluation. Ceci semble confirmer que le mais SmartStax aévité les procédures établies des évaluations des risques, qui, de toutemanière, ont été jugées insuffisantes en 2001 par la Société Royale duCanada », constate Lucy Sharratt du Réseau canadien d’action sur lesbiotechnologies.

En autorisant ce mais OGM, l’Agence canadienne d’inspection des aliments(ACIA) a également réduit d’une manière significative les exigences que lesagriculteurs doivent suivre afin de retarder la résistance éventuelle desinsectes aux insecticides. L’ACIA a réduit l’exigence de préserver des zonesde refuge de 20 à 5 % pour les cultures de SmartStax. Les agriculteurs quicultivent un OGM produisant un insecticide (mais Bt) doivent cultiver 20 % deleur champ avec un mais non-Bt dans un périmètre de 400 mètres d’un champ demais OGM Bt. L’objectif du refuge est de retarder la résistance des insectesaux insecticides.

« Non seulement l’ACIA n’a pas fait d’évaluation des risques pour le maisSmartStax, mais elle a aussi réduit très sérieusement l’une des seulesexigences de précaution imposée aux agriculteurs », déplore Benoit Girouard del’Union paysanne. « La résistance éventuelle des insectes aux insecticides estinévitable, c’est une question de temps et la nouvelle exigence de 5 % derefuge ne fera qu’empirer la situation ».

De plus, l’ACIA promet de revoir en 2013 cette décision sur le refuge surla foi des données fournies par Monsanto et Dow. « C’est extrêmement choquantqu’apprendre que l’ACIA se base sur des données fournies par Monsanto et Dowpour évaluer le succès ou l’échec de la réduction du refuge à 5 %. C’est commeconfier au loup la santé des brebis! » affirme Eric Darier de Greenpeace.

« Il est scandaleux que l’ACIA abandonne la politique des refuges. Sansdoute, ils savent que les insectes sont proches d’être résistants àl’insecticide Bt. L’utilisation occasionnelle du Bt, un microorganisme naturelpour contrôler les insectes est une pratique responsable des agriculteursbiologiques. Ces derniers ont toujours prévenu que l’utilisation du mais Btaccélèrerait la résistance des insectes. » déclare Benoit Girouard de l’Unionpaysanne.

L’ACIA et la USDA ont simultanément approuvé le mais SmartStax et réduitle refuge à 5 %. « Cette synchronisation est un signe inquiétant que lesgouvernements américain et canadien sont prêts à harmoniser leurs politiquescommerciales au détriment des considérations environnementales et sociales » deconclure Stéphane Groleau des AmiEs de la Terre de Québec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)
http://www.cfia-acia.agr.ca/

Dow AgroSciences Canada
http://www.dowagro.ca/

Monsanto Canada
http://www.monsanto.ca/

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