Le bien-être animal est au cœur des discussions depuis plusieurs années, et chez la vache laitière, il passe inévitablement par le confort de la surface de couchage. Comme les vaches passent plus de la moitié de leur journée couchées, la qualité de leur logette influe directement sur leur santé, leur productivité et leur comportement. Plusieurs critères doivent être évalués avant de choisir le bon matériau.
Avant tout: évaluer la réalité de la ferme
Avant même de penser au type de litière ou de matelas, il faut regarder comment le fumier est géré à la ferme. Est-ce un système de fumier liquide ou solide? Le système d’évacuation permet-il d’utiliser beaucoup de litière ou, au contraire, seulement une fine couche? Certains systèmes ne tolèrent pas des matériaux encombrants, ce qui peut limiter les choix. Et surtout, il faut s’assurer que la fosse à fumier a la capacité d’accueillir le volume produit, peu importe la quantité de litière utilisée.
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Le profil du producteur entre aussi en jeu. Certains sont prêts à investir beaucoup de temps chaque jour pour entretenir la litière, tandis que d’autres préfèrent un système plus simple et rapide à gérer. Par exemple, une litière profonde demande plus d’entretien, mais offre un confort exceptionnel. À l’inverse, un matelas avec une fine couche de litière est plus facile à entretenir au quotidien.
Le choix des équipements doit aussi être pensé en fonction du matériau choisi. Le sable, par exemple, use rapidement les équipements et les raclettes: il faut alors des câbles en nylon et des composantes adaptées. Bref, le type de litière influe sur tout le système, de l’entreposage à l’évacuation du fumier.

Ce qu’on recherche dans une bonne surface de couchage
Une surface de couchage idéale est:
Molle, pour absorber les chocs lorsque la vache se laisse tomber au coucher.
Antidérapante, pour éviter les glissades au lever.
Sèche, afin de prévenir les problèmes de pis et d’onglons.
Une surface qui imite le sol du pâturage est l’idéal: la vache doit pouvoir enfoncer légèrement son onglon pour bien s’agripper.
Pour les litières profondes, on vise au moins 20 cm (8 pouces) de matériau. Pour les matelas, environ 5 cm (2 pouces) de litière par-dessus est nécessaire pour éviter les frottements sur la peau.
Un bon confort permet à la vache de se reposer entre 12 et 14 heures par jour, avec entre 10 et 15 cycles lever-coucher quotidiens en plus de mouvements fluides qui se produisent en une seule étape. Plus la vache se repose, moins on observe de boiteries et de vaches perchées ou debout inutilement dans les allées.
Les grandes familles de surfaces de couchage
Deux grandes catégories existent: les matelas et les logettes profondes.
Les matelas
Il existe plusieurs types:
Tapis de caoutchouc.
Tapis de caoutchouc avec coussin d’air.
Matelas avec toile et/ou avec matériaux absorbant les chocs.
Matelas d’eau.
Tous nécessitent une quantité suffisante de litière par-dessus, replacée fréquemment pour éviter la friction et les blessures.
Les litières profondes
Elles offrent un confort remarquable, mais demandent un entretien rigoureux. Parmi les matériaux utilisés, on retrouve le sable, le fumier recyclé, les mélanges chaux-paille ou chaux-ripe, ou encore la paille et la ripe seules.
Sable: très confortable et peu propice aux bactéries, à condition qu’il soit bien choisi et que les déjections soient absentes. Un sable trop fin retient l’humidité et se compacte; trop grossier (plus de 3 mm), il blesse les onglons lorsque les vaches marchent dessus dans les allées. Le sable de maçonnerie a souvent la granulométrie idéale, car il est doux et filtrant.
Paille et ripe de bois: elles peuvent être confortables, mais lorsqu’elles sont utilisées seules, elles sont volumineuses et ont tendance à sortir des logettes, ce qui diminue leur efficacité.
Matériaux organiques: comme le fumier recyclé, ils nécessitent une excellente gestion pour éviter la prolifération bactérienne.
Recommandations pratiques
Quel que soit le matériau choisi, un bon entreposage est primordial. Les tas de litière accumulés devant les vaches sont à éviter, car ils causent souvent de mauvaises positions dans la logette (vaches couchées en diagonale), ce qui augmente les risques de blessures et détériore la propreté.
Si on opte pour une litière profonde, il faut être conscient du travail demandé: mélange, distribution, entretien fréquent… et gestion serrée de l’humidité. Mieux vaut en ajouter moins, mais plus souvent, pour garder la surface propre et sèche.
Pour les matelas, plus la litière est fine, mieux elle adhère à la surface et reste en place. Si le choix se porte sur un matelas d’eau, il faut que l’eau soit bien calibrée dans chaque compartiment pour amortir les mouvements des vaches.
Enfin, miser sur des produits éprouvés demeure une valeur sûre. Certains nouveaux modèles semblent prometteurs, mais leur durabilité n’est pas toujours connue. L’installation adéquate et la bonne quantité de litière font souvent toute la différence.
Un choix qui repose sur plusieurs critères
Le choix des matériaux de couchage n’est pas qu’une question de mode ou de coût. Il doit s’appuyer sur une réflexion globale: le système de fumier, la main-d’œuvre disponible, la santé du troupeau, la ventilation, le climat du bâtiment et les préférences du producteur.
En résumé, le bon matériau est celui qui permet à la vache de se coucher souvent, longtemps et confortablement, sans compromettre la propreté ni la santé du troupeau. Le confort se choisit donc avec la tête… mais surtout avec le regard tourné vers les vaches.
Cet article de Mireille Cloutier et Steve Adam est une version tirée et adaptée du magazine de janvier 2026 du Bulletin des agriculteurs.
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