Budget 2003 : déception des agriculteurs

Québec (Québec), 13 juin 2003 – « On ne s’attendait peut-être pas à une augmentation substantielle du budget consacré à l’agriculture, mais certainement pas à une diminution! » C’est en ces termes qu’a réagi leprésident de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, aubudget dévoilé hier et aux crédits déposés ce matin.

« Le gouvernement nous a fait faux bond, poursuit M. Pellerin. Quand,durant la campagne électorale, nous avons questionné le futur premier ministresur le gel des budgets ministériels prévu par son parti, M. Charest a rectifiéle tir, parlant plutôt d’un gel global du budget de l’Etat, ajoutant du mêmesouffle que celui du MAPAQ serait quant à lui augmenté, convenant ainsi despriorités incontournables de ce secteur. Force nous est de constater quel’argent n’est pas au rendez-vous », d’ajouter M. Pellerin.

L’UPA est étonnée du manque de soutien dans des dossiers aussiprioritaires que l’environnement, le transfert technologique vers lesagriculteurs, la qualité et la salubrité des aliments ainsi que ledéveloppement régional. Les besoins sont spécialement criants à cet égard etle soutien financier ne suit pas.

En effet, alors que l’Etat voit son budget augmenter globalement de 3,9 %, de 1,45 % si on exclut la santé et l’éducation, le ministère del’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), pour sa part, voitfondre son enveloppe de 1,3 %. Cette nouvelle n’a rien de réjouissant pour les44 000 producteurs et productrices agricoles du Québec qui doivent faire faceà des exigences de plus en plus nombreuses, dans un contexte de réduction deleurs revenus de l’ordre de 47 % entre 2001 et 2002 (selon Agriculture etAgroalimentaire Canada).

Le président de l’UPA s’est dit particulièrement surpris et déçu du reculqu’accusera le programme PRIME-VERT pendant la prochaine année, un programmedestiné à la protection de l’environnement, qui avait été majoré à 37 M $ aumois de mars par l’ancien gouvernement et qui se voit rabaissé à 16 M $.« Compte tenu de toute la pression exercée sur les producteurs, il y a là unillogisme », s’étonne M. Pellerin.

D’autres secteurs sont également affectés. Alors que le budget Maroisannonçait des sommes pour le développement des produits de niche et du terroiret le soutien à la culture en serre, rien n’est prévu cette année dans lebudget minceur du nouveau gouvernement.

« Si le contexte actuel laissait entrevoir un budget sobre pour 2003, ilest clair que le gouvernement devra délier les cordons de la bourse dès 2004et faire enfin de l’agriculture une priorité, comme il s’est engagé à lefaire. Et nous serons là pour le lui rappeler! », de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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