Des biogaz et de l’azote

Connaissez-vous la biométhanisation ? En plus de générer de l’énergie grâce à la production de biogaz, ce procédé permet de réduire la dépendance à l’azote minéral. La biométhanisation à la ferme est très populaire en Allemagne où l’on compte près de 7000 méthaniseurs agricoles. Dans ce pays, on estime que 43% des déchets organiques animaux sont destinés à être méthanisés.

S’inspirant de son voisin allemand, la France vient de lancer un vaste programme pour stimuler la biométhanisation à la ferme. Dans ce pays, on comptait 90 installations de ce type à la fin de l’année 2012. L’objectif est d’en compte 1000 d’ici 2020.

Quel rapport avec la dépendance aux azotes ? Les résidus organiques (fumiers, carcasses, etc.) qui sont méthanisés génèrent deux produits : du gaz (méthane) qui est converti en énergie (biogaz) et un digestat sous forme solide, très riche en azote, qui peut être utilisé comme fertilisant.

La biométhanisation permet donc de réduire la dépendance à l’azote minéral en favorisant la réutilisation de l’azote organique contenu dans le digestat. De plus, en produisant du biogaz, on réduit la production de gaz à effet de serre. Le plan français (EMAA – Énergie Méthanisation Autonomie Azote) permettra une « gestion globale de l’azote » sur les territoires. L’état défend ses choix en faisant valoir que «cela réduira les coûts de fertilisation, limitera la pollution liée à l’azote en mettant à profit les excédents d’azote organique et réduira le recours aux engrais minéraux. Ce plan vise également à développer un modèle français de la méthanisation agricole, privilégiant des installations collectives, des circuits d’approvisionnement courts et des technologies et savoir-faire français».

Le plan prévoit un tarif préférentiel pour l’électricité générée à partir des biogaz. C’est aussi ce qu’avait fait l’Allemagne pour développer le secteur. Au Québec, où les coûts de l’électricité sont particulièrement bas, un tel développement serait impensable sans la mise en place de programmes pour compétitionner avec les tarifs d’électricité existant.

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