Des outils pour prédire la production de sirop d’érable

Les acériculteurs vous le diront sans doute : il est aussi facile de prédire la production de sirop d’érable au début de la saison que de savoir en septembre qui gagnera la coupe Stanley! La météo durant les mois de mars et avril demeure le facteur le plus important mais il est impossible de prévoir la température qu’il fera.

Malgré le niveau élevé d’incertitude, certains éléments pourraient toutefois aider à mieux comprendre et même prévoir la quantité de sirop produite durant une année donnée. Des chercheurs ont trouvé des indices dans la quantité de samares produits par les érables. Ils ont réalisé que les arbres produisaient une sève moins sucrée l’année suivant une importante production de graines.

Les chercheurs en sont venus à cette conclusion après avoir étudié les facteurs liés à la production d’érable pendant 17 ans sur 28 sites au Vermont. Ils ont réalisé que la température était peu fiable pour anticiper les saisons, ce qui les a menés à chercher d’autres causes. Les érables produisent périodiquement en grande quantité des samares, soit à tous les deux à cinq ans. Dans les années où les arbres en ont produit le plus (2000, 2006 et 2011 au Vermont), la production de sirop a reculé à chaque fois l’année suivante.

La donnée est d’importante car si la météo dicte la quantité de sève qui coule des érables, elle n’influence pas sur sa teneur en sucre. Comme l’eau d’érable contient de 2% à 3% de sucre, cet élément pourrait aider à anticiper les bonnes et moins bonnes années de production.

Les graines, tout comme le sucre de l’érable, sont en effet fabriqués à partir d’hydrates de carbone stocké dans l’arbre. Si ce dernier produit beaucoup de samares, ses réserves sont plus faibles pour produire une sève sucrée l’année d’après.

La meilleure manière pour  prédire la production de sirop serait donc de combiner à la fois la production de samares des arbres, les températures minimum et maximum de mars, ainsi que la température maximale en avril. Ces éléments réunis permettraient d’expliquer 79% de la variation annuelle de la production de sirop d’érable au Vermont entre 1998 et 2014.

 

Source: Harvard Forest

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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