Des rapports contradictoires existent sur la pertinence d’une usine d’éthanol

Québec (Québec), 2 mai 2001 – Les ministères québécois se contredisent quant à la pertinence d’aménager au Québec une usine de carburant éthanol fabriqué à partir du maïs.

L’opposition libérale a fait état de ces contradictions à l’Assemblée nationale en citant les rapports provenant de différents ministères. Le ministère de l’Agriculture approuve le projet avec enthousiasme, y voyant une façon d’augmenter les revenus des agriculteurs québécois de 9 millions $.

Mais le ministère des Finances craint une baisse de ses revenus provenant de la taxe sur les carburants tandis que le ministère de l’Environnement s’inquiète des conséquences de la culture du maïs sur la dégradation des sols agricoles.

Quant au ministère des Ressources naturelles, il craint une hausse du prix du carburant de 0,01 $ le litre car l’éthanol a un contenu énergétique moindre.

Le projet d’une usine d’éthanol sera aménagé à Varennes en raison de la présence d’un centre pétrochimique important dans cette municipalité.

Le député libéral de Chomedey, Thomas Mulcair, a même soutenu que le projet allait de l’avant uniquement parce qu’il était situé dans la circonscription de Verchères, représentée à l’Assemblée nationale par le premier ministre Bernard Landry.

« C’est une mauvaise idée et un mauvais projet », a dit le député Mulcair.

Mais M. Landry s’est porté avec vigueur à la défense du projet.

Plusieurs raisons le justifient, a-t-il expliqué:

  • les producteurs de maïs sont eux-mêmes actionnaires du projet;
  • la conversion en éthanol constitue une valeur ajoutée au maïs;
  • les ventes d’éthanol vont augmenter car plusieurs fabricants d’automobile fabriquent des véhicules mus par ce type de carburantebec pourra produire lui-même l’éthanol au lieu de l’exporter;
  • enfin, le projet avait retenu l’appui de l’ancien ministre libéral de l’Industrie et du Commerce Gérard Tremblay.

Quant au ministre des Ressources naturelles, Jacques Brassard, il a reconnu que les rapports étaient contradictoires au sujet des avantages de l’éthanol.

« Mais un rapport, c’est un rapport. Le gouvernement peut s’en inspirer, en tenir compte, mais il n’est pas obligé d’en tenir compte totalement », a dit le ministre Brassard.

Pour lui, « les retombées positives du projet sont nettement plus importantes que les impacts négatifs ».

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

Ministère de l’Environnement du Québec

http://www.menv.gouv.qc.ca

Ministère des finances du Québec

http://www.finances.gouv.qc.ca/

Ministère des Ressources Naturelles du Québec

http://www.mrn.gouv.qc.ca/

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