Effondrement de toit, prévenir le pire en 7 points

Les effondrements de toit ne sont pas les incidents qui font l’objet du plus grand nombre de réclamations, mais lorsque la catastrophe survient, les dommages matériaux et humains sont si importants qu’ils peuvent mettre en péril une entreprise. Voici comment les prévenir en 7 points.

1. Inspecter avant l’arrivée de la neige

De la tôle mal fixée, des clous ou des vis qui ressortent, des fissures, des fentes sont autant d’éléments qui doivent être corrigés. Des petites anomalies qui ne sont pas sans conséquences puisqu’elles peuvent à long terme occasionner des infiltrations d’eau qui elles font pourrir et endommagent les structures. Bien souvent, le problème se répand, mais n’est pas toujours visible à l’œil nu. « Il faut monter et inspecter au moins une fois par an son toit. On répare, calfeutre et repeint et on observe pour voir s’il n’y a pas des signes d’affaissement. Un toit trop corrodé doit être changé complètement », mentionne Nick Cinotti, directeur prévention solutions spécialisées chez Intact Assurance.

2. Neige accumulée

Le poids de la neige, surtout si cette dernière est mouillée, ainsi que la glace peut mettre à mal n’importe quel toit. La solution est simple : déneiger. Cette opération ne doit toutefois pas être réalisée de n’importe quelle façon. « Les anciennes couches de neige compactées et les couches de glace sont beaucoup plus pesantes que la neige fraîchement tombée. Il ne faut pas enlever la neige d’un seul coup au même endroit. Il faut le faire par en étape, car on risque de provoquer des charges déséquilibrées », explique Marc Larocque, conseiller principal en prévention des sinistres chez Intact Assurance agricole.

3. Observer des signes avant-coureurs

Martin Chagnon, ingénieur et chargé de projets agricoles chez Fusion Expert conseil, explique que certains signes avant-coureurs devraient mettre la puce à l’oreille et sonner une sonnette d’alarme chez les producteurs. L’ingénieur explique qu’une déformation de la structure peut être suspectée lorsque soudainement des fissures apparaissent au niveau des fenêtres ou encore que les portes qui ont toujours fonctionné ne ferment plus correctement. Pour prévenir ce genre de problèmes, les producteurs doivent porter une attention particulière au drainage de la toiture et aux pentes du terrain. On doit faire en sorte que l’eau s’éloigne des bâtiments et de ses fondations. Les gouttières ne doivent jamais être raccordées au drain français.

4. L’importance de la ventilation

Un toit qui s’effondre peut être la résultante de goussets en métal et/ou de plaquettes d’assemblage qui ont été mal assemblés ou qui n’ont pas tenu le coup en raison d’une trop grande corrosion. Pour éviter que ce type d’éléments ne rouille prématurément, il faut faire attention à la ventilation et à la conception de la bâtisse.

Solution : garder au moins un ventilateur d’évacuation en service continu pour expulser l’humidité. Le système de ventilation devrait faire circuler suffisamment d’air frais dans le bâtiment pour réduire à des niveaux acceptables l’humidité, les gaz et la poussière.

5. Pour réduire la corrosion

Il est possible de réduire la rouille sur les plaquettes et les goussets en appliquant un traitement antirouille ou en utilisant de l’acier inoxydable. Évidemment, le coût pour ce type de matériaux est plus élevé. Autre action préventive, construire un plafond avec isolant et coupe-vapeur.

6. L’entretoit

Jean Benoit, ingénieur en structure chez Fusion Expert, suggère une inspection préventive au moins une fois l’an aux bâtiments. « On observe les colonnes, les poutres et on monte dans l’entretoit pour en inspecter les composantes. On prend des notes et des photos pour avoir un point de référence d’une année à l’autre.» Une attention particulière doit être apportée aux structures qui présentent de la pourriture, aux éléments de bois brisés ainsi qu’aux signes qui laissent suspecter la présence d’humidité et d’infiltration d’eau.

7. Des agrandissements pas toujours effectués dans les règles de l’art

Changer l’usage d’un bâtiment n’est pas toujours sans conséquence sur sa structure. L’ajout d’une rallonge peut amener des problèmes de déversement de neige et ajouter des surcharges supplémentaires qui n’ont pas été prévues initialement. « On voit cela régulièrement. Des bâtiments qui ont été ajoutés et qui sont plus hauts que l’original causent des obstructions au vent et provoquent des accumulations de neige plus importantes. La neige peut se déverser et créer une pression supplémentaire qui n’a pas été calculée à l’origine. Pour bien faire les choses, on suggère de toujours consulter un ingénieur et des entrepreneurs spécialisés dans les bâtiments agricoles avant d’effectuer des modifications », mentionne Martin Chagnon.

Consultez le numéro de décembre du Bulletin des agriculteurs pour lire l’article complet sur le sujet de Julie Roy.

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