Estimations du bétail au 1er janvier 2003

Ottawa (Ontario), 20 février 2003 – Deux années de sécheresse dans l’Ouest canadien ont ébranlé le cheptel de bovins du Canada, en particulier en Alberta. Au 1er janvier 2003, les agriculteurs ont déclaré qu’ils comptaient 13,4 millions de bovins dans leurs fermes, soit 2,8 % de moins que les 13,8 millions de bovins enregistrés au 1er janvier 2002.

Parallèlement, le ralentissement de la croissance du cheptel de porcs au Canada, qui s’est amorcé tôt en 2002, s’est poursuivi pendant tout le reste de l’année. Les producteurs de porcs ont fait état de 14,7 millions de têtes sur les fermes au 1er janvier 2003, soit 2,5 % de plus qu’au 1er janvier 2002. La croissance moyenne au cours des cinq dernières années a été de 5,0 % par année.

Les agriculteurs ont également déclaré que leurs fermes comptaient 975 600 moutons au 1er janvier 2003, en baisse de 1,8 % par rapport au 1er janvier 2002.

Stocks de bétail au 1er janvier
 BovinsPorcsMoutons et agneaux
200220032002200320022003
en milliers de têtes
Canada13 76213 37214 36714 726994976
Atlantique2922893903833233
Québec1 2861 3104 2914 280225230
Ontario2 0262 1603 5253 661266280
Manitoba1 2451 2502 6882 8707674
Saskatchewan2 4182 4431 1801 230117115
Alberta5 8255 2202 1252 140218187
Colombie-Britannique6707001681625957
Nota:Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux.

La sécheresse frappe les éleveurs de bovins de boucherie de l’Alberta
Les éleveurs de bovins de l’Alberta ont été frappés par deux années de sécheresse. Au 1er janvier 2003, le cheptel de bovins de la province était inférieur de 10,4 % aux niveaux observés au 1er janvier 2002, compte tenu du fait que les stocks d’aliments se sont appauvris et que le prix des aliments pour animaux a monté en flèche. L’Alberta compte plus de 40,0 % du cheptel national de bovins.

Les hausses des stocks de bovins déclarées dans les autres provinces, attribuables en partie à la perspective d’un raffermissement du prix des bovins, n’ont pas suffi pour compenser les replis enregistrés en Alberta.

En Saskatchewan, les stocks de bovins ont augmenté de 1,1 %, tandis qu’au Manitoba, ils ont affiché une modeste hausse de 0,4 %. Une hausse de 4,5 % a été observée en Colombie-Britannique.

Davantage de bovins d’engraissement ont été envoyés en Ontario, là où les stocks d’aliments étaient importants. Par conséquent, les stocks de l’Ontario ont augmenté de 6,6 %. Au Québec, le cheptel de bovins s’est accru de 1,9 %.

Les stocks d’orge, la première céréale fourragère de l’Ouest canadien, ont chuté en raison de la sécheresse. En 2002, la récolte dans l’Ouest canadien a chuté de 36,4 %, après avoir reculé de 20,7 % en 2001.

La pénurie de céréales fourragères observée en 2002 a forcé les agriculteurs de l’Ouest à importer une quantité sans précédent de 2,1 millions de tonnes métriques de maïs-grain des États-Unis au cours des 11 premiers mois de 2002.

La sécheresse a également forcé de nombreux producteurs à vendre ou à envoyer leurs animaux à d’autres provinces ainsi qu’aux États-Unis. Les exportations de l’Alberta vers d’autres provinces de juillet à décembre 2002 ont presque triplé par rapport à la même période en 2001 et ont atteint 243 200 têtes.

Les exportations de bovins en provenance d’autres provinces vers la Saskatchewan ont bondi pour atteindre 167 800 têtes, tandis que les exportations vers l’Ontario ont connu une hausse de 17,6 %.

Le commerce avec les États-Unis a également été frappé par la sécheresse. De juillet à décembre 2002, les exportations de bovins vers les États-Unis ont monté en flèche (+43,7 %) pour atteindre 985 000 têtes. La Saskatchewan a été le facteur à l’origine de la majeure partie de cette hausse des exportations, les bovins provenant de la province voisine, l’Alberta, et étant ensuite exportés vers d’autres provinces ou au sud de la frontière.

Parallèlement, les importations ont pour ainsi dire cessé. Au cours des six derniers mois de 2002, seulement 39 500 bovins sont arrivés au Canada, soit moins du tiers du niveau de 141 800 bovins importés au cours de la même période de six mois en 2001. L’Alberta, qui a importé 94 900 têtes au cours de la deuxième moitié de 2001, n’a pratiquement rien obtenu au cours de la même période en 2002.

Le troupeau de bovins de reproduction reste stable malgré la sécheresse
Malgré la sécheresse, le troupeau de bovins de reproduction du Canada est demeuré stable. Le 1er janvier 2003, les cultivateurs ont déclaré avoir 4,6 millions de vaches de boucherie dans leurs fermes, en légère baisse de 0,4 %.

Une diminution de 5,8 % du le nombre de vaches de boucherie en Alberta a été atténuée par l’expansion en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario et au Québec, là où certains producteurs ont retenu davantage de génisses qu’ils en ont envoyé à l’abattage. Le vêlage au cours des six premiers mois de 2003 devrait refléter cette expansion.

Le secteur des bovins compte trois types d’exploitation distincts, qui représentent les diverses étapes de la croissance des animaux, soit le naissage (production de vache-veau), la semi-finition et le long engraissement, et la finition. La pénurie d’eau et de fourrage, surtout en Alberta et en Saskatchewan, a forcé plusieurs propriétaires d’exploitation de naissage à réduire ou à vendre leur cheptel. Les stocks de bovins dont disposent les propriétaires d’exploitation de naissage de l’Alberta ont chuté de 11,3 %, tandis que les stocks de ces exploitations d’élevage à l’échelon national ont diminué de 3,4 %.

Au 1er janvier 2003, le nombre de bovins canadiens déclarés par les propriétaires d’exploitation de semi-finition et de long engraissement était en hausse de 3,3 % par rapport à 2002, et de 14,6 % par rapport à 2001. Les stocks des exploitations de finition (incluant les parcs d’engraissement) en Alberta ont chuté de 21,6 % pour atteindre 925 000 têtes au 1er janvier 2003. Ces exploitations ont été durement touchées par la sécheresse, qui a donné lieu à une diminution des stocks des aliments pour animaux et à une hausse des coûts pour l’alimentation animale.

Au cours des six derniers mois de 2002, les niveaux d’abattage ont chuté de 3,1 % pour s’établir à environ 1,9 million de bovins. Le Québec et l’Ontario ont été à l’origine de la majeure partie de cette régression, en partie attribuable aux producteurs de l’Ontario, qui ont gardé leurs bovins en vue d’accroître leur cheptel. Le repli des stocks au 1er janvier 2003 indique une diminution de la production de viande pour l’année.

Le rythme de croissance des stocks de porcs ralentit
Au cours des trois derniers mois de 2002, le rythme de croissance dans le secteur du porc a ralenti, surtout en raison de la chute du prix des porcs et de l’augmentation des coûts des aliments. De plus, l’expansion a été limitée par un moratoire de deux ans sur la construction de porcheries au Québec, la principale province productrice de porcs au Canada.

Le marché américain du porc a des conséquences importantes sur l’industrie porcine canadienne. La forte baisse du prix des porcs aux États-Unis depuis le début de 2002 a déclenché une baisse du prix des porcs sur le marché canadien.

Les chutes de prix aux États-Unis sont attribuables à un ralentissement de l’écoulement de la viande de porc et à une hausse des abattages. Le prix moyen des porcs au Canada au cours de la deuxième moitié de 2002 a été d’environ 23,0 % inférieur à celui observé au cours de la même période en 2001.

Les rapports Statistiques du bétail (23-603-XIF, 34 $ / 112 $), Statistiques de bovins (23-012-XIF, gratuit), Statistiques de porcs (23-010-XIF, gratuit) et Statistiques de moutons (23-011-XIF, gratuit) paraîtront sous peu.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

Commentaires