“Et si, après la forêt, c’était le tour de l’agriculture?” – Laurent Pellerin

Québec (Québec), 5 décembre 2006 – « Qui aurait pu prédire, il a cinq ans,un choc d’une telle ampleur? Qui aurait pu prédire qu’il y aurait plusieursdizaines de nos communautés aux abois? Qui aurait pu prédire qu’il y auraitdes milliers de travailleurs au chômage? Qui aurait pu prédire qu’ici même, auQuébec, on arrêterait quasiment de bûcher? »

C’est ainsi, en faisant un parallèle entre la crise de l’industrie forestière et les temps difficiles que traverse l’agriculture, que le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, a ouvert son discours lors du congrès général annuel de l’UPA, le 82e de l’histoire de l’organisation, qui s’ouvre aujourd’hui à Québec sous le thème « Le goût d’en vivre ».

« Voilà que ce qu’on prenait pour acquis nous glisse entre les doigts unbon matin. Et si, après la forêt, c’était le tour de l’agriculture? a mis engarde le président de l’UPA. Je n’ose imaginer le drame pour nos communautés.Il y a en effet des signes qui doivent nous alarmer : une crise du revenu quiperdure, la concurrence internationale qui mine le secteur des céréales, lacrise du porc, etc. »

Laurent Pellerin s’est, par ailleurs, fait le porte-voix de la profondedéception des producteurs agricoles à l’endroit du gouvernement fédéral.« Voilà l’exemple d’un gouvernement qui a perdu le contact avec notre réalité,a-t-il dénoncé. Sa vision de l’agriculture n’a rien à voir avec celle desproducteurs et des productrices agricoles, qu’ils soient du Québec oud’ailleurs au Canada. Partout, au pays, le constat est le même chez lesagriculteurs. »

D’ailleurs, le président de l’UPA s’insurge à l’idée, qui parfoistranspire des officines fédérales, que les agriculteurs seraient les artisansde leurs propres malheurs, prétendument parce qu’ils seraient moinscompétitifs. « Ce ne sont pas les producteurs agricoles qui sont moinscompétitifs, mais notre gouvernement, rétorque-t-il! Qu’on nous procure lemême soutien et les mêmes règles que les autres, on verra bien que nous sommesaussi compétitifs et aussi efficaces, sinon davantage! » a-t-il mis au défi.

Passant du fédéral au provincial, Laurent Pellerin constate davantaged’appuis de la part du ministre de l’Agriculture québécois et du gouvernementprovincial. « Je les sens derrière les agriculteurs et agricultrices, maismalheureusement j’aimerais les voir encore plus mordants à l’égard de leurvis-à-vis fédéraux, le moment venu de réclamer la juste part qui revient auQuébec », a-t-il déploré, constatant que ladite part n’a fait que réduire cesdernières années.

Poursuivant sur sa lancée, le président de l’UPA a souligné que lesagriculteurs et les agricultrices ont beau y mettre les bouchées doubles, « ilsne peuvent pas tout faire seuls », servant cette remarque en guise de préambuleau début prochain des consultations de la Commission sur l’avenir del’agriculture et de l’agroalimentaire québécois.

« La situation étant ce qu’elle est, on était dus pour avoir cerendez-vous avec le gouvernement, nos partenaires et nos concitoyens, a-t-ilfait observer. Nous avons toujours participé à ce genre d’exercice par lepassé et nous avons toujours répondu au moyen d’une présence très active,mettant de l’avant des solutions. Nous y allons dans le même esprit. Noussommes ouverts, nous voulons écouter, comprendre, dialoguer, proposer ».

Pour le président de l’UPA, l’exercice ne doit surtout pas servir àressasser le passé, mais porter un regard sur l’avenir (d’où le nom de laCommission d’ailleurs), tout en se gardant, a-t-il insisté, contre les miragesd’une certaine pensée magique ou des solutions toute faites. « Ca prend de touten agriculture. Pas seulement des produits de créneaux ni seulement uneagriculture de masse. Il faut du conventionnel tout aussi bien que denouvelles spécialités. L’agriculture qui réussira demain, c’est l’agriculturequi sera multiple et diversifiée ».

Les agriculteurs et les agricultrices ont été clairs à l’endroit de leurorganisation : ce qui importe à leurs yeux, au terme de cette Commission,c’est de renouveler le contrat social agricole québécois « si on veut d’uneagriculture durable. Une agriculture qui soit vigoureuse et dynamique,spécialement au plan régional. Une agriculture qui procure aux agriculteurs etaux agricultrices une amélioration de leurs revenus et la fierté de vivredignement de leur métier, une agriculture qui leur donne le goût d’en vivre »,de conclure le président de l’UPA.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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