France : des mesures pour le secteur viticole

Paris (France), 14 décembre 2004 – Le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau a proposé des mesures d’aide conjoncturelles pour venir en aide aux viticulteurs en difficulté.

Le ministre et le secrétaire d’Etat à l’Agriculture Nicolas Forissier, qui ont reçu dans l’après-midi des représentants de la filière, se sont engagés à « mobiliser rapidement » les dispositifs d’aide existants tels que le régime « agriculteurs en difficulté », le fonds d’allégement des charges et l’aide à la préretraite.

Des aides à la trésorerie pourront également être envisagées pour les exploitations les plus menacées, précise le ministère dans un communiqué.

Le ministre a confirmé sa promesse d’installer début janvier un « Conseil de la modération » du vin qui sera chargé à l’avenir de se prononcer sur les campagnes de promotion. Dominique Bussereau désignera prochainement une personnalité chargée de faire d’ici fin janvier des propositions sur la composition, la mission et le mode de fonctionnement de cette instance.

Ce Conseil « visera à décliner une politique intelligente et modérée en matière de consommation, s’occupera des questions de publicité et d’éthique », avait expliqué en début d’après-midi Dominique Bussereau à l’Assemblée nationale.

« Le gouvernement ne sous-estime pas les problèmes de la viticulture et a entendu le message très puissant des manifestations viticoles de la semaine passée », avait aussi déclaré le ministre, qui a rencontré les professionnels en présence des députés ayant élaboré un Livre Blanc sur la viticulture, remis en juillet au Premier ministre.

Il a ajouté qu’un « travail de réflexion » était en cours entre les différentes filières – AOC, vins de table et vins de pays – afin de « mieux positionner l’offre française et sa promotion ».

Dominique Bussereau et Nicolas Forissier ont encouragé les professionnels à leur présenter début 2005 les modalités de mise en oeuvre d’une réorganisation de l’offre viticole française.

Les 144 000 viticulteurs de l’Hexagone redoutent une aggravation de la crise, la récolte 2004 étant supérieure de près de 10 millions d’hectolitres à celle de 2003. Les exportations françaises de vin sont prévues en recul de 4,5% en volume et la consommation intérieure devrait baisser de 3% par rapport à la saison dernière, estiment les professionnels.

Les viticulteurs, qui réclamaient un plan d’urgence pour leur secteur, souhaitent en outre un assouplissement de la loi Evin car ils imputent leurs pertes de débouché national aux campagnes de lutte contre l’alcoolisme.

Ils veulent notamment pouvoir faire la promotion des caractéristiques qualitatives ou géographiques des vins.

Les professionnels doivent aussi faire face à une baisse de leurs exportations, concurrencées par les vins étrangers, notamment chiliens, australiens et américains.

Source : Reuters

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