France : l’annonce d’un plan pour la filière bovine reportée au 7 janvier

Paris (France), 12 décembre 2001 – L’annonce d’un nouveau plan d’aide aux éleveurs de bovins touchés par la crise de la vache folle a été reportée au 7 janvier, faute d’accord avec les professionnels, annonce le ministre de l’Agriculture Jean Glavany.

« Les éleveurs vont être très déçus d’apprendre qu’il n’y a pas de décision pour un nouveau plan de relance », a déclaré Jean-Michel Lemétayer, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), à l’issue d’une table ronde sur la crise bovine présidée par Jean Glavany.

Le ministre a reconnu que les discussions n’avaient pu aboutir en raison de divergences sur les modalités de mise en oeuvre des nouvelles mesures. Mais il a assuré que les discussions se poursuivaient avec les éleveurs en vue d’une annonce le 7 janvier 2002, et a précisé qu’il n’y aurait pas de retard dans la mise en place du dispositif.

Le plan gouvernemental présenté jeudi aux professionnels de la filière comprenait quatre volets dont un dispositif d’aides pour les jeunes éleveurs, un plan social prévoyant des reconversions et un volet de restructurations à long terme.

Ce nouveau train de mesures vise en particulier à soutenir les éleveurs spécialisés, les plus affectés par la seconde crise de la vache folle qui a éclaté il y a un an.

« Le 7 janvier, on annoncera un plan avec une enveloppe d’aides. Les discussions vont reprendre », a déclaré Jean Glavany aux journalistes, expliquant qu’il s’agissait maintenant de discuter avec les professionnels du montant des aides et de mieux les « cibler ».

Entre 40 000 et 50 000 éleveurs sont concernés par ces prochaines mesures d’accompagnement, a précisé le ministre.

« Mieux cibler les aides »

« Tous les éleveurs bovins ne sont pas systématiquement fragilisés par la crise », a-t-il souligné dans un communiqué.

Jean-Michel Lemétayer a pour sa part mis l’accent sur la nécessité de soutenir tous les éleveurs et a critiqué les orientations du plan qui prévoit d’attribuer des soutiens en fonction des pertes subies sur le chiffre d’affaires.

« Le chiffre d’affaires ne veut rien dire », a-t-il lancé. Il a rappelé que le revenu moyen de tous les éleveurs de bovins confondus avait baissé de 3% en 2001 et de 9% pour les éleveurs spécialisés en viande.

A l’inverse, le revenu des producteurs de lait est en hausse de 1%.

Si le patron de la FNSEA reconnaît que la solidarité doit jouer entre les éleveurs afin d’aider ceux qui sont spécialisés en viande, il estime néanmoins que le gouvernement doit faire un geste pour redonner le moral à l’ensemble du secteur.

« Je reste déterminé à mettre en place un dispositif d’aides ciblées vers les éleveurs les plus fragilisés par la crise bovine », a pour sa part dit Jean Glavany. « Les orientations que j’ai proposées permettent d’exercer une véritable solidarité envers ceux qui en ont le plus besoin ».

Le président des Jeunes Agriculteurs, Jean-Luc Duval, qui s’est lui aussi montré déçu de ce report de trois semaines, a toutefois estimé qu’il valait mieux « se remettre autour de la table ».

« On réfléchit à un plan mieux ciblé », a souligné Pascal Coste, président de la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles du Massif Central, l’une des régions d’élevage spécialisé les plus affectées par la crise.

Depuis le début de la seconde crise de la vache folle, quelque 150 millions d’euros (984 millions FF) d’aides publiques exceptionnelles ont été accordées à l’ensemble des éleveurs, sans toutefois parvenir à redresser les cours à la production et à relancer la consommation de viande bovine en France.

Source : Reuters

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