France : le revenu agricole augmenterait avec la réforme de la Pac

France, 15 janvier 2003 – Tous les détracteurs des propositions de réforme de la Politique agricole commune présentées en juillet par Franz Fischler se sont trompés. Loin de menacer les revenus agricoles et l’avenir même de la production, les grands principes défendus par la Commission n’auraient que des effets extrêmement positifs, affirme celle-ci. Les simulations effectuées des effets de la réforme montrent que «la fin du lien entre aides et production devrait conduire non pas à abandonner la production, mais à procéder à des ajustements là où le besoin s’en fait sentir». Elles montrent également que l’équilibre des marchés serait amélioré. «L’argent de nos contribuables ne serait plus dépensé pour financer d’énormes excédents alimentaires invendables». La modulation des primes, qui consiste à réserver une partie des aides à la production pour soutenir le développement rural, n’aurait «guère de conséquences sur les marchés».

Contradictions

La plus importante de toutes les conclusions de ces études, selon Bruxelles, est que la réforme augmenterait le revenu agricole de 1,75%. Les effets du découplage se manifesteraient principalement dans le secteur de la viande bovine, mais seraient limités dans le secteur des cultures arables. Cela tiendrait au fait que le découplage est déjà effectif dans une large mesure, réduisant d’autant l’impact sur la production. Un point sur lequel la Commission cultive la contradiction, car on peut se demander quel est l’intérêt d’accroître le découplage pour réduire les excédents, s’il ne doit pas avoir d’incidence sur le niveau de la production.

La suppression du lien entre les paiements et la production incitera les agriculteurs à consacrer leurs terres à des productions rentables, poursuit-elle.

Enfin, les Cassandre qui ont annoncé la mort du boeuf britannique ou du cheptel irlandais se sont trompées., ironise Bruxelles. La simplification des primes et la fin de la proportionnalité directe entre les effectifs d’animaux et les aides entraîneront une baisse de 3% de la production de viande bovine, mais celle-ci sera surcompensée par une forte hausse des prix (7%). Les producteurs de viande bovine verraient donc augmenter de 4% les recettes qu’ils tirent du marché.

Les Quinze ont repoussé à 2006, lors du sommet de Bruxelles fin 2002, la profonde réforme de la Pac que la Commission européenne voulait faire appliquer dès 2003. La Pac actuelle a été votée en 1999 à Berlin pour une période allant de 2000 à 2006. Néanmoins il était prévu des ajustements à mi-parcours.Franz Fischler présentera un nouveau projet le 22 janvier, dans lequel il maintient le découplage, qui est loin de faire l’unanimité.

Source : Les Échos

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