France : les viticulteurs manifestent dans sept villes pour réclamer des mesures

Paris (France), 8 décembre 2004 – Les viticulteurs français manifesteront pour la première fois dans une quasi-unité dans sept villes, pour réclamer au gouvernement un plan de mesures pour sortir de la crise dans laquelle la filière se trouve plongée depuis plusieurs mois

Les organisations agricoles et viticoles demandent au gouvernement d’agir en réponse au « Livre Blanc » sur le vin présenté par des parlementaires au Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin en juillet dernier.

« Nous avons besoin d’un “plan Bussereau” (du nom du nouveau ministre de l’Agriculture) pour les viticulteurs car les cours sont extrêmement bas », a affirmé Bernard Layre, président des Jeunes Agriculteurs (JA) au cours d’une conférence de presse commune aux organisateurs.

Les viticulteurs, qui manifesteront à Bordeaux, Avignon, Mâcon, Tours, Angers, Nantes et Blois, demandent également à M. Raffarin de revenir sur sa décision de s’opposer, au Sénat, à l’amendement parlementaire assouplissant la loi Evin sur la publicité sur le vin.

Contre l’avis du gouvernement, l’Assemblée nationale a en effet adopté, lors de la deuxième lecture du texte sur les territoires ruraux, un amendement qui autorise la publicité sur le vin à « comporter des références relatives aux caractéristiques qualitatives du produit ».

Les viticulteurs réclament aussi un soutien financier, dont le montant total n’a pas été chiffré, dont une aide de 10.000 euros à la trésorerie pour les viticulteurs de moins de 40 ans et l’augmentation de l’enveloppe pour inciter les viticulteurs de 55 ans à partir en pré-retraite.

Parmi leurs revendications figurent également l’amplification du régime de restructuration et de reconversion du vignoble, la mise en place d’un régime d’arrachage temporaire, l’instauration d’un fonds d’allégement des charges et des aides pour permettre la distillation des excédents.

« C’est la première fois dans l’histoire que toutes les régions viticoles vont manifester ensemble », a souligné Denis Verdier, président de la Confédération des coopératives viticoles de France (CCVF). A l’exception de la Champagne et de l’Alsace, ce sont toutes les régions viticoles qui vont manifester le même jour, ce qui n’était même pas arrivé en 1905 lors de la révolte du Midi viticole.

Pour M. Verdier, « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été la campagne publicitaire du ministère de la Santé laissant entendre que la consommation de vin pouvait entraîner le cancer ». « Il faut arrêter sa vente, si le vin donne le cancer », s’est insurgé Pierre Aguilas, président de l’Association générale de la production viticole (AGPV).

« Je trouve que M. Douste-Blazy (le ministre de la Santé, ndlr) parle avec beaucoup d’exagération d’un sujet dont il devrait parler avec beaucoup plus de modération », a ajouté Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), qui a appelé à des manifestations pacifiques.

Alors que la consommation de vin continue de baisser en France (environ 3% en 2004) la récolte a été cette année très abondante avec 58,9 millions d’hectolitres ce qui contribue à accentuer la crise structurelle.

Mais surtout, les vins français qui ont longtemps compté pour une bonne part dans la balance commerciale française, subissent depuis plusieurs années la vive concurrence des vins du « Nouveau Monde » venus d’Australie, d’Afrique du Sud, du Chili, d’Argentine et des USA. L’année 2004 devrait se terminer sur une baisse des exportations françaises alors que l’écart entre production et consommation se situe entre 52 et 63 millions d’hectolitres au niveau mondial.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Jeunes agriculteurs
http://www.cnja.com

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