France : mesures pour la filière fruits et légumes

Paris (France), 7 octobre 2004 – Hervé Gaymard a annoncé plusieurs mesures pour soutenir la filière fruits et légumes en crise, dont 10 millions d’euros d’aides directes de trésorerie et une « enveloppe exceptionnelle » de 50 millions d’euros de prêts de consolidation, pour étaler sur cinq ans les échéances bancaires des producteurs en difficulté.

A l’occasion du 48e Congrès national des producteurs de légumes réuni à Nantes, le ministre de l’Agriculture a annoncé que 10 millions d’euros seraient consacrés à « des aides directes de trésorerie sur la base de dotations attribuées aux DDAF » (Directions départementales de l’agriculture et de la forêt). Ces dernières les « répartiront selon la situation des exploitations et selon les priorités établies en lien avec les professionnels, à l’échelon départemental », précise un communiqué du ministère de l’Agriculture.

Le ministre a aussi annoncé une « enveloppe exceptionnelle de 50 millions d’euros de prêts de consolidation ». Elle « permettra d’étaler sur cinq ans, à coût réduit, les échéances bancaires des producteurs de fruits en difficulté financière », précise le ministère. « Ces prêts à taux bonifiés bénéficieront d’un différé de remboursement d’un an », ajoute le communiqué, ce qui « permettra d’assurer une ‘année blanche’ en matière de remboursement d’emprunt bancaire ».

Hervé Gaymard a également prévu de consacrer un million d’euros pour la mise en place d’« un étalement des cotisations à la Mutualité sociale agricole qui, dans les cas les plus graves, feront l’objet d’une prise en charge partielle ».

Le ministre a décidé de « compléter ces mesures conjoncturelles par un plan de dix millions d’euros à l’ONIFLHOR », l’Office national interprofessionnel des fruits, légumes et de l’horticulture, qui engagera plusieurs actions, en donnant la « priorité à la modernisation de l’outil de production des exploitations serristes ». Il faudra aussi doter la filière d’un outil de communication « spécifiquement dédié à la gestion de marché ».

Le ministère précise qu’une mission interministérielle, réunissant les ministères de l’Agriculture, des Finances et de l’Emploi, sera chargée « d’examiner les facteurs de distorsion de concurrence intraeuropéens, notamment sur le coût de la main d’oeuvre ». Elle devra formuler des propositions pour y remédier.

Enfin, Hervé Gaymard promet d’étudier « les pistes de travail concernant le secteur agricole afin d’en tirer des conséquences législatives, très rapidement », dès que les conclusions de la commission Canivet sur les prix en grande distribution seront connues.

Il évoque la possibilité d’amendements au projet de loi en faveur des développements des territoires ruraux, lors de sa seconde lecture au Sénat. En pleine crise, les producteurs de fruits et légumes ont demandé la signature d’un accord national sur les prix de leurs produits avec la grande distribution.

Bernard Morilleau, secrétaire général de la Chambre d’Agriculture de Nantes, a jugé l’aide annoncée par le ministre « largement insuffisante ». Les dix millions d’euros représentent seulement « la perte évaluée par les producteurs de Loire-Atlantique, par exemple », a-t-il dit à l’Associated Press.

« Les maraichers espèrent des mesures politiques contre la concurrence des pays étrangers notamment de l’Est où les coûts de production et la main d’oeuvre sont bien inférieurs à ceux de la France », a-t-il insisté. « Les producteurs vont continuer à interpeller les pouvoirs publics pour lutter contre les distorsions de concurrence », a ajouté M. Morilleau, soulignant que « la relance budgétaire doit se poursuivre avec de nouvelles enveloppes ».

Source : AP

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