France : Un village de Seine-Maritime déclare les OGM hors la loi

Dieppe (France), 8 octobre 2002 – Le maire du village de Cressy, situé près de Dieppe (Seine-Maritime), a récemment pris un arrêté municipal interdisant les cultures de plantes à organismes génétiquement modifiés (OGM) sur son territoire.

Cette décision d’interdire l’expérimentation de culture de plantes génétiquement modifiées n’est pas nouvelle dans la région dieppoise puisqu’elle fait suite à une procédure identique engagée par la commune voisine de Bracquetuit.

Particulièrement attachés à leur environnement, le maire de Cressy et son conseil municipal entendent ainsi préserver la qualité de vie des 225 habitants. « La seule façon d’y parvenir était de procéder de cette façon », explique Guy Peignon, le maire de cette commune potentiellement exposée aux OGM puisque possédant sur son territoire une surface cultivée de 400 hectares. « On a vu avec l’épidémie de vache folle que les éleveurs les plus consciencieux pouvaient être concernés sans le savoir. »

Pour les élus, il ne s’agit pas, à travers cette mesure, « d’interdire à tout-va, mais nous attendons seulement de l’Etat qu’il prenne les mesures pour que tout soit fait dans la transparence », souligne Claude Bonnot, un habitant de la commune devenu l’interlocuteur des élus de Cressy, car spécialiste des questions environnementales.

« Il y a dans le conseil municipal des élus agriculteurs et, selon leurs témoignages, ils peuvent ignorer eux-mêmes la nature des semences qu’ils utilisent. Ils sont les premiers à réclamer davantage d’information », reprend le maire de Cressy, qui veille également à la qualité de la nourriture servie à la cantine scolaire. « C’est une question de santé publique. Nous surveillons de près ce que nous servons aux enfants, mais nous n’avons pas la certitude que tous les plats ne comportent pas des OGM. »

A Cressy, on espère que d’autres communes interdiront à leur tour les cultures de plantes génétiquement modifiées, afin que ne se reproduisent pas dans la région des expériences de plantations de betteraves modifiées et résistantes aux désherbants. Celles-ci avaient eu des conséquences directes sur l’environnement, au point que les plantes sauvages bordant les zones de culture ont également été contaminées et résistent aujourd’hui elles aussi aux désherbants.

« Jusqu’à présent, les essais en plein champ étaient classés secret défense et aucun texte n’interdisait véritablement ces pratiques », poursuit Guy Peignon. « Désormais, s’il prend l’envie à quelqu’un de mener une expérience de la sorte sur le territoire de la commune, il ne le pourra pas », conclut-il, fermement décidé à encourager les agriculteurs locaux à se tourner vers la culture biologique.

Source : AP

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