Grande étude de cinq ans sur la santé des sols québécois

Le MAPAQ lance un projet d’envergure en collaboration avec l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). Le mandat : « réaliser un portrait actualisé de l’état de santé des sols québécois », puisque la dernière étude du genre date de 1990. Le projet devrait durer cinq ans et sera dirigé par une équipe de l’IRDA spécialisée entre autres en pédologie (étude des sols).

Cet inventaire des sols québécois permettra de faire une mise à jour l’état de la situation depuis la dernière enquête menée 27 ans plus tôt, a indiqué Georges Archambault, président et chef de la direction de l’IRDA. Un plan d’action devrait ensuite être élaboré pour contribuer « à assurer les rendements des terres tout en conservant leurs multiples fonctions essentielles à la santé des écosystèmes ».

Le MAPAQ investira 8M$ dans le projet. La prochaine étape consistera à débuter les échantillonnages de sols. L’IRDA veut recueillir des échantillons représentatifs des principales régions agricoles, ce qui représente 71 séries de sols les plus cultivés, ou encore 426 sites différents chez près de 400 producteurs agricoles. Les chercheurs étudieront les propriétés pédologiques, biologiques et physicochimiques qui seront ensuite comparées à des sols dits « non perturbés ou dégradés » qui représenteront un tiers des prélèvements. Ces derniers prélèvements seront faits dans des prairies, des terrains en friche, ou en abord des clôtures.

Marc-Olivier Gasser, chercheur en sol à l’IRDA, sera en charge des équipes qui seront déployées au cours des prochaines années pour mener l’étude. Les travaux ont déjà débuté pour cette année et trois équipes de trois pédologues effectueront la validation des sites cette année. L’année prochaine, ce seront quatre équipes d’agronomes et de techniciens qui se joindront alors que huit équipes de trois continueront en 2019 afin de recueillir des mesures des échantillons et mesurer les propriétés des sols.

« Les travaux seront faits de manière assez conventionnelle mais de nouvelles technologies seront aussi utilisées pour étudier la biochimie du sol dont le carbone actif et l’azote minéralisable, ainsi que l’érosion des sols par des mesures de césium 137.  Un ensemble de paramètres seront en fait étudiées », signale le chercheur. D’autres études viendront se joindre, tels que l’identification des populations microbiennes des sols par des analyses génomiques.

Afin de mener à bien son projet, l’IRDA lance un appel à tous dès maintenant auprès des producteurs pour collaborer à l’étude. Pour cette étude, l’IRDA souhaite mener des entrevues auprès des producteurs afin de connaitre les pratiques de sol des cinq dernières années. Les échantillons seront pour leur part faits à quatre endroits dans le champ  au printemps. Une autre visite à l’automne sera faite afin de prendre des mesures de rendements, suivi d’une entrevue en hiver et quelques appels. « On souhaite vraiment aller au hasard et ne pas sélectionner des producteurs qui ont des pratiques culturales particulières. Les données vont aussi servir à développer de meilleurs indicateurs de la santé des sols », ajoute M. Gasser.

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