Grippe aviaire : l’Asie bataille, l’OMS maintient la pression

Hanoi (Vietnam), 19 février 2004 – La grippe aviaire demeure au sommet des agendas des pays asiatiques, après l’apparition d’un autre cas humain au Vietnam, de nouveaux foyers en Chine et l’expression par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de ses doutes sur la situation en Indonésie.

Au lendemain d’un avertissement de l’OMS, qui avait appelé les pays touchés par la maladie à « maintenir un haut niveau de vigilance », la Chine a annoncé jeudi trois nouveaux foyers d’infection dans les provinces du Hubei (centre), Hunan (sud) et Jilin (nord-est).

Le nombre de foyers confirmés de grippe aviaire en Chine atteint désormais 46, dans 16 provinces ou régions sur un total de 31.

Au Vietnam, une petite fille de 16 mois a été testée positive au virus H5N1, la souche la plus virulente de la grippe du poulet, portant le nombre total de personnes contaminées dans le pays à 23.

Le Vietnam est le pays le plus touché sur le plan humain, avec quinze morts. Quatre personnes sont toujours hospitalisées et quatre sont guéries.

La Thaïlande, avec sept morts, est le seul autre pays à déplorer officiellement des cas humains. Le bilan provisoire de la maladie est donc actuellement de 22 morts.

Mais l’OMS a de nouveau exprimé ses doutes sur sa capacité à se faire une idée claire de la situation en Indonésie.

« Dans un pays aussi grand et aussi peuplé, bien sûr, nous pouvons rater quelques cas, et nous pouvons les avoir ratés parce que nous pouvons les avoir comptés comme des pneumonies ordinaires », a estimé le responsable de l’OMS à Jakarta, le Dr Georg Petersen.

Les volailles de huit pays d’Asie (Vietnam, Thaïlande, Chine, Japon, Corée du sud, Indonésie, Cambodge et Laos) sont touchées par le virus H5N1, qui est responsable aussi des cas humains de grippe aviaire apparus au Vietnam et en Thaïlande, selon la liste établie par l’OMS.

Taïwan et le Pakistan ont signalé de leur côté la présence de souches moins dangereuses.

Le Laos, qui reconnaît le virus H5, affirme cependant ne pouvoir en préciser la souche.

Le Japon a confirmé que le H5N1 était bien à l’origine de l’infection du second foyer repéré lundi dans un poulailler privé du sud de l’archipel, comme pour le premier découvert le 28 décembre.

L’épidémie sera sans nul doute au coeur de la première rencontre conjointe des gouvernements vietnamien et thaïlandais. Les Premiers ministres vietnamien Phan Van Khai et thaïlandais Thaksin Shinawatra dirigeront les délégations, qui doivent discuter vendredi à Danang (centre du Vietnam) et samedi à Nakhon Phanom (nord-ouest de la Thaïlande).

Les deux pays partagent la volonté d’en finir au plus vite avec une épidémie qui a dévasté leur filière aviaire, et avaient été plus ou moins ouvertement tancés par les Nations unies lorsqu’ils avaient annoncé pouvoir la contrôler avant la fin du mois.

Certaines sources estiment que Hanoï et Bangkok veulent adopter une position commune.

« Je crois que la Thaïlande est derrière l’annonce par le Vietnam d’une reprise (prochaine) de la production car elle veut regagner au plus vite la confiance de ses clients », relevait un observateur sous couvert de l’anonymat.

« Tous deux sont dans la même situation et quand vous voyez que quelqu’un a les mêmes problèmes que vous, vous êtes enclin à écouter ce qu’il dit », confirmait un diplomate en poste à Hanoï.

L’OMS, elle, conserve sa ligne de conduite. « La situation actuelle en Asie est historiquement sans précédent et extrêmement exigeante », répète-t-elle, soucieuse d’éviter tout triomphalisme prématuré.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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