« Il faut soutenir les investissements destinés à la protection de l’environnement » – Laurent Pellerin

Québec (Québec), 30 octobre 2007 – « Tant que les règles du marché ne seront pas plus cohérentes avec le concept de développement durable, les progrès réels seront malheureusement limités. À moins, comme société, que nous nous donnions les moyens de nos ambitions et que nous fassions le nécessaire pour que soient soutenus les investissements destinés à la protection de l’environnement. »

C’est l’appel qu’a lancé, aujourd’hui, le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Laurent Pellerin, devant la Commission parlementaire des transports et de l’environnement, qui tient actuellement des consultations sur la stratégie gouvernementale de développement durable.

Pour l’UPA, si la démarche du gouvernement apparaît pertinente dans l’ensemble et constitue « un pas dans la bonne direction », il reste que la recherche de l’équilibre qu’implique le développement durable est un exercice complexe à réaliser, d’autant plus qu’il exige des investissements augmentant significativement les coûts de production des entreprises agricoles.

« Dans un secteur ultracompétitif et dans une société qui réclame des denrées au plus bas prix possible, a précisé Laurent Pellerin, les agriculteurs ont l’inquiétude bien légitime de rester compétitifs dans un marché où la protection de l’environnement n’est pas rémunérée. Vouloir être encore en affaires demain, ça aussi, ça fait partie du développement durable », a-t-il rappelé.

C’est pourquoi l’UPA enjoint le gouvernement de mettre en place les dispositions nécessaires afin que les coûts inhérents à la protection de l’environnement soient assumés par le marché et, advenant l’impossibilité de le faire, qu’il prévoit d’autres moyens permettant de couvrir ces frais, sans quoi le développement ne pourra pas être véritablement durable en agriculture.

L’UPA préconise en outre que la stratégie mette l’accent sur l’implication volontaire des producteurs, la concertation des intervenants, des partenariats variés, des réalisations concrètes, des résultats mesurables, des actions à l’échelle des sous-bassins versants et des guides de bonnes pratiques accessibles et exportables. Laurent Pellerin a notamment donné l’exemple du projet de partenariat public-privé de la mise en valeur de la biodiversité des cours d’eau en milieu agricole avec la Fondation de la faune du Québec de même que du Plan d’action concerté sur l’agroenvironnement et la cohabitation harmonieuse 2007-2010.

D’autres défis sont indispensables à relever, selon l’UPA, comme l’intensification de la R&D et des transferts technologiques pour que des pratiques toujours plus respectueuses de l’environnement puissent s’offrir aux agriculteurs de même que le maintien de services-conseils compétents et efficaces, capables de les guider pour des choix les plus judicieux en ce domaine.

« Les agriculteurs et les agricultrices du Québec ont prouvé qu’ils adhèrent au principe du développement durable avec les progrès accomplis ces 15 dernières années en agroenvironnement. L’agriculture à dimension humaine privilégiée par l’UPA rejoint les attentes de nos concitoyens, qui souhaitent la pérennité de nos fermes à propriété familiale et des terres agricoles protégées. La stratégie du gouvernement doit prendre acte de toutes ces considérations », de conclure le président de l’UPA.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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