Infestations dans le canola du Bas-Saint-Laurent

PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco

PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco

Cette année dans le Bas-Saint-Laurent, les ravageurs des cultures s’étaient faits plutôt discrets, jusqu’à il y a une dizaine de jours. Voilà que des noctuelles font des ravages d’une ampleur jamais vue.

Les premières chenilles ont été observées vers le 13 août, à moins de dix individus par mètre carré, seulement en bord de champ, rapporte, Jérôme Caron, de la Société Majéco, un distributeur d’intrants agricoles à Saint-Simon-de-Rimouski.

« Lors d’une deuxième visite 48 heures plus tard, les populations de noctuelles avaient doublé et elles s’étaient répandues à la grandeur du champ. Nous avons recensé plus de 25 individus par mètre carré à certains endroits », a raconté Jérôme Caron au Bulletin.com.

Les spécimens les plus nombreux sont de l’espèce Anarta trifolii. De la piéride du chou – Pieris rapae – a aussi été identifiée dans l’échantillon envoyé au Laboratoire de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ. Au champ, on a également observé de la légionnaire bertha.

PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco

PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco

Le mois de juillet dans le Bas-Saint-Laurent a été encore plus chaud et sec que l’an dernier, ce qui a vraisemblablement contribué à la prolifération de ces trois espèces, qui sont de la famille des noctuelles.

La semaine dernière, des traitements d’urgence étaient devenus nécessaires. « Il fallait sauver la récolte », affirme l’agronome Jérôme Caron.

En se basant sur les seuils d’intervention pour la légionnaire bertha (10 à 12 individus par mètre carré), il fut calculé qu’à 20 $/l’acre, le traitement en valait la peine. Les noctuelles ne s’attaquaient plus seulement qu’aux siliques du haut, mais aussi aux feuilles et aux autres siliques.

Le canola étant déjà rendu à la fin de sa floraison, il mesure de quatre à cinq pieds. Impossible d’entrer au champ avec un tracteur! Les rares pulvérisateurs automoteurs des coopératives et des forfaitaires du Bas-Saint-Laurent ont été mobilisés et quelque 400 acres ont été pulvérisées au Matador ou au Decis en fin de semaine.

Certains champs étaient touchés sur jusqu’à 30 % de leur superficie et à au moins un endroit, la récolte aurait carrément été anéantie sur plus d’une dizaine d’acres.

De telles infestations sont sans précédent dans le Bas-Saint-Laurent. Après les traitements, y aura-t-il une autre génération de chenilles? Jérôme Caron en doute. Si les papillons pondent encore, les chenilles n’auront pas de canola appétant à se mettre sous la dent, parce qu’il sera doit andainé, soit en train de dessécher.

PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco

PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco

à propos de l'auteur

Articles récents de André Dumont

Commentaires