José Bové n’est « pas surpris » de la décision de la Cour de cassation

Millau (France), 6 février 2002 – José Bové a indiqué à Millau, après le rejet par la Cour de cassation de son pourvoi dans l’affaire du « démontage » du McDonald’s de Millau en 1999, qu’il n’était « pas surpris de la décision » et déclaré que lui et ses compagnons ne se sentaient « pas coupables ».

« Je ne suis pas surpris de cette décision dans le sens où nous n’avions pas attaqué le jugement sur la forme. Nous ne nous sentons pas coupables dans cette affaire, nous ne reconnaissons pas cette décision de justice », a ajouté le leader de la Confédération Paysanne devant le palais de justice de Millau où étaient rassemblées une centaine de personnes.

José Bové a aussi indiqué que les deux avocats de la Confédération paysanne de l’Aveyron, Mes François Roux et Marie-Christine Etelin déposeraient dans les prochains jours un recours devant la Cour européenne des Droits de l’Homme pour « faire reconnaître le droit à la légitime révolte. »

« Le combat ne va pas s’arrêter, nous n’allons pas baisser les bras », a-t-il promis.

« Ceux qui sont coupables, ce sont les importateurs de farines animales ou l’OMC qui a permis les importations de boeuf aux hormones. Eux sont toujours en liberté, nous nous risquons la prison », a-t-il ajouté. José Bové et ses amis avaient justifié leur action contre le McDo par un « état de nécessité », face à la décision des Etats-Unis de taxer le roquefort pour punir l’Europe de son refus du boeuf aux hormones.

José Bové et ses compagnons, surnommés « les dix de Millau » avait symboliquement pris place mercredi derrière les barreaux d’une cage en bois sur laquelle il était écrit « cage à syndicalistes ».

Devant le palais de justice de la ville, les militants avaient également déployé dans le calme une grande banderole sur laquelle on pouvait lire « Palais des justices ».

Justice « à deux vitesses »

« Nous sommes face à une justice à deux vitesses, celle des syndicalistes enfermés derrière cette grille et celle des bourgeois et des nantis », a ensuite estimé José Bové, montrant derrière lui quelques personnes qui portaient des chapeaux haut-de-forme sur lesquels était inscrit « FMI-OMC », « TotalFinaElf », « sang contaminé » ou « farines animales ».

Le leader de la Confédération paysanne a ensuite évoqué l’élection présidentielle de 2002, considérant que « tous ceux qui se présentent au suffrage universel nous ont courtisés à Porto Alegre pour se donner bonne conscience ».

« Mais ils n’ont rien fait pour que nos droits soient pris en compte. Tout le monde social condamne ceux qui font appliquer des décisions de justice comme celle d’aujourd’hui », a-t-il poursuivi.

Le pourvoi de José Bové, qui avait effectué 19 jours de prison en 1999, a été rejeté mercredi après-midi par la Cour de cassation ce qui rend exécutoire sa condamnation à 3 mois d’emprisonnement ferme prononcée pour le « démontage » du restaurant McDonald’s de Millau le 12 août 1999.

Interrogé sur un éventuel retour en prison, José Bové a répondu « pour moi, il n’est pas question de me prêter à une quelconque collaboration. Ou je vais en prison, ou je suis libre, c’est aux magistrats de le dire ».

« Je ne prévois aucun voyage à l’étranger au mois de février parce que je ne veux pas donner l’impression de fuir. Je ne m’appelle pas Schuller », a-t-il conclu.

Source : AFP

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