La commissaire européenne au Budget en faveur d’une réduction des subventions européennes agricoles

Francfort (Allemagne), 1er avril 2001 – La commissaire européenne au Budget, Michaele Schreyer, s’est prononcée pour une réduction des subventions européennes versées aux agriculteurs, dans un entretien publié par le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (FAZ dominical).

« Les aides ne représentent dans certains domaines pas seulement des compensations mais des sur-compensations », a estimé Mme Schreyer, membre des Verts allemands.

Pour le seul marché des céréales, la Cour des comptes de l’Union européenne a évalué à 2 milliards d’euros pour l’an dernier la sur-compensation, a-t-elle ajouté.

« Il faut mettre la question sur la table lorsque l’on reverra l’ordre du marché des céréales », a estimé Mme Schreyer.

S’orienter vers une agriculture plus naturelle ne saurait engendrer une hausse des dépenses agricoles de l’Union européenne, a-t-elle souligné.

Le budget de l’UE est déjà bien trop consacré à l’agriculture, selon elle.

Le marché du boeuf coûte à la Communauté 2 mds EUR de plus, chaque année, que la politique de défense, a relevé Mme Schreyer.

Elle s’est montrée sceptique quant aux chances de réduire véritablement l’offre bovine dans l’UE, jugeant probable que les propositions en ce sens des ministres européens de l’Agriculture soient « abandonnées ou noyées » et qu’il ne reste plus que le programme spécial de rachat de l’UE pour soutenir le marché.

La politique agricole commune (PAC) est actuellement sévèrement critiquée. En baissant progressivement les prix des produits agricoles européens pour tenter de les rapprocher des cours mondiaux et en versant des aides en contrepartie aux agriculteurs, elle pousse à l’agrandissement des exploitations et à l’intensification des productions, soulignent ses détracteurs. La France, principale bénéficiaire des aides agricoles de l’UE, est contre une modification du cadre de la PAC fixé en 1999 pour 2000-2006.

Source : AFP

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