La Fédération des producteurs de porcs refuse d’octroyer un siège à un producteur intégrateur sur son conseil d’administration

Saint-Hyacinthe (Québec), 5 décembre 2007 – « Les meuniers impliqués en production porcine comme intégrateurs, et membres de l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC), sont extrêmement déçus de la décision rendue vendredi dernier par la Fédération des producteurs de porcs du Québec (FPPQ), soit son refus d’octroyer un siège à un producteur intégrateur, nommé par l’AQINAC, sur son conseil d’administration. De touteévidence, la fédération refuse de reconnaître que c’est en ayant tous lesmodèles représentés au sein sa structure décisionnelle que des solutionsfaisant consensus émergeront, et ce, pour la survie de la production porcinequébécoise. » C’est ainsi que M. Yvan Lacroix, président-directeur général del’AQINAC, exprime l’incompréhension de ses membres meuniers-producteurs sur cechoix des délégués de la FPPQ, réunis en assemblée semi-annuelle la semainedernière, à Québec.

Pour sa part, le président du conseil d’administration de l’AQINAC,M. Christian Breton, n’arrive pas à concevoir qu’en ce temps de morositéextrême pour l’ensemble des producteurs de porcs du Québec, la fédérationpersiste en s’entêtant à ignorer la réalité : « Les producteurs de porcsintégrateurs produisent ensemble près de 60 % du cheptel porcin de laprovince, mais ne sont pas représentés au conseil d’administration de la FPPQ,qui dit pourtant représenter l’ensemble des producteurs de porcs. Pourn’importe quel autre secteur d’activité, il s’agirait là d’une aberrationincroyable. »

Par cette décision, la FPPQ vient de démontrer clairement qu’elle nereprésente pas l’ensemble des producteurs de porcs, refusant ainsi dereprésenter les producteurs intégrateurs. Pourtant, celle-ci se plait à venirprendre conseil auprès des membres meuniers-producteurs de l’AQINAC, pour leurexpertise, lorsque vient le temps de faire des consultations sur ledéveloppement de la génétique, la protection de l’environnement, la qualité duproduit, la traçabilité, le bien-être animal, etc. Un savoir-faire reconnu etutilisé pour mener des consultations, mais toutefois mis de côté en ce quiconcerne les vrais débats, soit ceux qui pourraient mener à des décisionsmajeures pour sauver la production porcine québécoise. Deux poids, deuxmesures.

« Au cours des deux dernières années, nous avons travaillé avec la FPPQpour faire connaître et reconnaître l’apport de nos membresmeuniers-producteurs en production porcine au Québec, et ce que leurimplication au conseil d’administration de la fédération pourrait apporter.Tous les modèles de production pourraient bénéficier des idéesd’entrepreneurship que nous véhiculons, et ce, sans pour autant menacer quique ce soit. Il y a de la place pour tout le monde, mais encore faut-il quetous le souhaitent, précise M. Lacroix. De plus, ces producteurs intégrateurssont assujettis au même plan conjoint, dont ils paient les frais, au mêmetitre que tout autre producteur de porcs, et doivent respecter les mêmesrègles de mise en marché. »

Depuis plusieurs mois déjà, tout comme la semaine dernière dans le cadrede leur assemblée semi-annuelle, les représentants de la FPPQ répètent quetous les producteurs doivent travailler ensemble pour résoudre la crise. A cepropos, les producteurs intégrateurs précisent que la crise n’est pas qu’unequestion de conjoncture, mais tout autant de structure; la production, toutcomme la fédération, a besoin d’idées nouvelles et d’innovation quant à sagestion. De toute évidence, tous ne le réalisent pas.

Les délégués de la FPPQ, par leur vote, semblent convaincus d’avoir enmain toutes les solutions, et penser que la venue de stratégies novatricesextérieures à leurs instances habituelles ne pourrait leur être bénéfique. Envérité, il s’agit là d’une surprotection de leur structure syndicale, ce quinuira à tous les producteurs de porcs du Québec. D’autant plus qu’un syndicatdoit être représentatif de tous ses membres, ce qui fait manifestement défautà la Fédération des producteurs de porcs du Québec.

Une situation qui se questionne… et malheureuse.
L’AQINAC, fondée en 1962, regroupe près de 200 membres, tous des joueursclés de l’industrie agroalimentaire québécoise, principalement fabricantsd’alimentation animale et/ou négociants en céréales. Elle oeuvre, entreautres, à répondre aux exigences des consommateurs et de la société en matièrede sécurité alimentaire, d’environnement, de qualité, de conditions d’élevageet de retombées économiques, en plus de contribuer, par son dynamisme, audéveloppement de sa clientèle-producteur et de leurs productions, tout enfaisant la promotion de l’industrie agroalimentaire moderne.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC)
http://www.aqinac.com

Le Porc du Québec
http://www.leporcduquebec.qc.ca/

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