La Fondation Gates donne 25 M USD pour des récoltes enrichies en fortifiants

Washington (États-Unis), 14 octobre 2003 – La fondation philanthropique Bill et Melinda Gates a octroyé 25 millions de dollars à un institut de recherche agronomique international pour le développement de récoltes « biofortifiées », enrichies notamment en vitamine A pour combattre la malnutrition dans les pays pauvres.

« Les carences en vitamines et en minéraux, qui contribuent à la mort de millions d’enfants chaque année, peuvent être facilement évitées en ajoutant simplement quelques micronutriments essentiels dans les récoltes de produits de base », a souligné David Fleming, directeur des stratégies de santé mondiale de la fondation Gates.

Le don est attribué à HarvestPlus, une alliance d’experts agronomes coordonnée par le Centre pour la recherche sur l’agriculture tropicale (CIAT) et l’Institut international de recherche sur l’alimentation (IFPRI), pour le développement de semences de tels produits « biofortifiés ».

« Ceux qui sont le plus touchés par la malnutrition, les populations rurales pauvres, sont également les plus difficilement accessibles pour des programmes nutritionnels traditionnels », a indiqué Howard Bouis, directeur de HarvestPlus. « Les récoltes biofortifiées ont le potentiel de transformer la santé de ces communautés en leur donnant la possibilité de cultiver des produits naturellement enrichis avec des micronutriments essentiels » a-t-il ajouté.

Ces produits de base, comme notamment le riz, le blé, le maïs, les haricots, le manioc et les pommes de terre douces, sont enrichis en fer, zinc et vitamine A en particulier.

Joachim Voss, le directeur du CIAT s’est défendu de vouloir profiter du programme pour développer des organismes génétiquement modifiés précisant qu’il existe « un large éventail de produits dans la nature ».

Outre les 25 millions de dollars de la fondation Gates, HarvestPlus pourra bénéficier d’une subvention de 3 millions de la Banque mondiale et de 2 millions de l’agence gouvernementale américaine USAID, ainsi que des promesses de financements supplémentaires d’autres donateurs pour aboutir à un total de 46 millions de dollars sur quatre ans.

« Lors de cette période, 80% du financement seront consacrés à des méthodes de cultures conventionnelles, contre seulement 20% à des récoltes génétiquement modifiées », a affirmé M. Bouis.

Prenant l’exemple du Bangladesh, il a expliqué que si l’on y produit du riz fortifié en fer, la population pauvre qui ne peut se payer les légumes dans lesquels se trouve ce nutriment essentiel, pourrait ainsi absorber sa ration de fer nécessaire en mangeant sa livre de riz quotidienne.

Source : AFP

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