La France touchée par la peste porcine

Paris (France), 1 mai 2002 – Après d’autres pays européens, La France est touchée par la peste porcine et a mis en place des mesures pour enrayer la propagation de l’épizootie dont les conséquences économiques pourraient se révéler catastrophiques.

La présence du virus de la peste porcine classique (PPC) dans un élevage de porcs de Chémery-les-Deux (Moselle) a été confirmée lundi par les analyses réalisées par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Dès la fin de la semaine dernière, les 395 porcelets de l’exploitation avaient été abattus par mesure de précaution. Non transmissible à l’homme, la PPC est considérée comme la maladie contagieuse la plus grave des suidés, porcs et sangliers, après la fièvre aphteuse. Depuis 1993, la France était indemne de cette maladie en élevage.

En Moselle, des zones de protection (3 km autour de l’élevage) et de surveillance (10 km) ont été instaurées, 24 exploitations de porcs se trouvant dans ces zones. Des moyens de désinfection (pédiluves et rotoluves) ont été installés. Neuf élevages de Moselle et de Meurthe-et-Moselle en relation avec l’exploitation suspecte sont placés sous surveillance et un comité départemental de lutte contre la PPC a été mis en place. Toutes les expéditions de porcs ou de sangliers à partir de ces deux départements sont suspendues.

Depuis plusieurs semaines, les autorités sanitaires redoutaient un tel scénario. Dès 1998, une épizootie s’est développée en Allemagne chez les sangliers sauvages de Rhénanie-Palatinat (nord-est du Luxembourg). Le pouvoir pathogène important du virus et la forte densité de sangliers sauvages dans cette région, y compris en France, ont favorisé la propagation de la maladie. Depuis le début de l’année, quatre élevages de porcs allemands ont été contaminés en Rhénanie-Palatinat. Au Luxembourg, quatre exploitations ont également été atteintes, entraînant l’abattage de près de 10 000 porcs.

Dans tous les cas, jugent les services vétérinaires, ces foyers sont probablement dus à des contacts directs (élevages de porcs en plein air) ou indirects (alimentation des porcs par des déchets de cuisine contenant de la venaison contaminée, chasseurs contaminés rentrant dans des élevages, …) avec des sangliers sauvages.

La semaine dernière, le ministère de l’Agriculture avait fait état d’un cas de PPC détecté sur un sanglier sauvage dont le cadavre avait été découvert dans une commune de Moselle. L’apparition d’un foyer en élevage a des conséquences économiques considérables, surtout en raison de l’application de mesures de police sanitaire drastiques. Ces mesures entraînent l’élimination et la destruction de tous les porcs des exploitations infectées, dans certains cas l’abattage préventif de porcs d’exploitations ayant eu un contact avec un foyer, l’abattage des porcs bloqués trop longtemps dans les exploitations présentes dans la zone de surveillance, le bien-être animal ne pouvant plus être maintenu dans ces conditions.

L’application de telles mesures lors de l’épizootie de 1997 aux Pays-Bas (424 foyers) avait entraîné la destruction de plus de 10 millions de porcs. En 2000, 72 000 porcs ont été abattus au Royaume-Uni (16 foyers), et près de 400.000 en Espagne en 2001 et 2002 (45 foyers). Outre ces pertes directes, la découverte d’un foyer pénalise toute la filière nationale en fermant les marchés à l’exportation et parfois bien au-delà du recouvrement par le pays de son statut indemne. La France compte 20 600 exploitations porcines pour un cheptel de quelque 16 millions d’animaux.

Source : AFP

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