La ministre Gauthier présente les actions du MAPAQ relatives à la sécurité des aliments

Québec (Québec), 11 novembre 2004 – La ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), Mme Françoise Gauthier, a présenté les actions du Ministère en ce qui à trait à la sécurité des aliments.

Rappelons qu’en février 2004 la Commission de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation (CAPA) a tenu des audiences publiques sur la sécurité alimentaire à la suite d’un mandat d’initiative. Les audiences ont permis d’entendre 50 groupes et individus et de recevoir 80 mémoires. Par ailleurs, de nombreuses personnes ont participé à une consultation en ligne. En juin dernier, la CAPA publiait un rapport contenant 26 recommandations, regroupées sous les thèmes de l’inspection, de la traçabilité, de l’étiquetage, des organismes génétiquement modifiés (OGM) et des autres recommandations.

« Les audiences tenues par la CAPA ont fait la démonstration de l’intérêt que porte l’ensemble des Québécoises et des Québécois à la sécurité des aliments. Nous avons déjà au Québec un système efficace et nombreux ont été les groupes ou individus qui se sont exprimés en ce sens au cours des audiences. Aujourd’hui, je présente des actions qui permettront de poursuivre nos efforts visant à perfectionner le système québécois de sécurité des aliments », a mentionné la ministre Gauthier.

L’inspection
Le Québec continuera de travailler, avec les autres provinces canadiennes, les territoires et les organismes fédéraux, à harmoniser les normes, les procédures de contrôle ainsi que les méthodes d’inspection.

À la suite de la crise de la vache folle, le MAPAQ a renforcé les activités de contrôle dans les abattoirs « exemptés de permis ». Par ailleurs, le MAPAQ étudie différents scénarios afin que ces abattoirs puissent devenir des instruments de développement régional. Un nouvel encadrement pour l’abattage des animaux à forfait serait aussi mis en place.

Le MAPAQ souhaite mettre au point des mesures incitatives pour la mise en place dans les entreprises de systèmes d’assurance de la qualité. D’ailleurs, le MAPAQ est déjà engagé à l’égard des entreprises alimentaires québécoises, en faisant la promotion des systèmes basés sur les principes HACCP, en guidant les entreprises dans leurs démarches et en reconnaissant les certifications délivrées à la suite d’une entente avec le Bureau de normalisation du Québec.

La traçabilité
Le Québec poursuit l’implantation de la traçabilité de la ferme à la table, selon le plan d’action qui prévoit la mise en place complète de la traçabilité pour la filière bovine, soit jusqu’au détaillant. L’identification et la traçabilité des bovins sont en vigueur depuis 2003 et celles des ovins, depuis mars 2004. La mise en oeuvre de la traçabilité pour le cheptel porcin devrait se faire sous peu, une fois que seront connus les résultats du projet pilote présentement en cours à travers le Canada.

Pour ce qui est de la répartition des coûts de ce système, les producteurs règlent le coût d’achat des boucles d’identification des animaux. L’identification massive des bovins et des ovins a fait l’objet d’une subvention totalisant 5,8 millions de dollars. Lorsque la traçabilité des produits de l’abattoir jusqu’au détail sera rendue obligatoire, en 2005, les responsables d’établissements de transformation, de distribution et de détail auront à payer des frais pour implanter un système de traçabilité au sein de leur entreprise.

Par ailleurs, la ministre a profité de l’occasion pour annoncer qu’elle accordait une subvention de 700 000 $ rattachée à un programme de soutien financier touchant l’identification des ovins (traçabilité). Ce programme permettra de faciliter, pour les différents intervenants, la collecte et l’acheminement des données concernant les ovins (moutons) à Agri-Traçabilité Québec inc, l’organisme qui s’est vu confier la gestion du système de traçabilité. Pour ce faire, le MAPAQ réglera, selon le cas, une partie ou la totalité des coûts liés à l’automatisation de la lecture et de la transmission électronique des données.

« Grâce à cette nouvelle mesure, nous améliorerons la rapidité de transmission des renseignements concernant les ovins. En cas d’urgence sanitaire, nous serons en mesure d’intervenir encore plus efficacement », a mentionné la ministre Gauthier.

L’étiquetage
Le domaine de l’étiquetage est principalement de compétence fédérale. En vertu d’une entente, le MAPAQ a la responsabilité de gérer le travail d’inspection en cette matière, incluant les normes d’étiquetage fédérales qui s’appliquent dans les établissements dont il a la responsabilité d’inspection.

Afin d’assurer l’harmonisation des règles québécoises et canadiennes, le MAPAQ continuera de participer aux différents travaux que Santé Canada et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ont entrepris touchant l’étiquetage des aliments afin que ses recommandations soient prises en considération.

Au sujet des aliments biologiques, le MAPAQ a mis en place des outils et mécanismes de protection visant à garantir l’authenticité des produits portant l’appellation « biologique ». Le Conseil des appellations agroalimentaires du Québec (CAAQ) a reçu de la ministre le mandat d’accréditer les organismes de certification afin d’encadrer les utilisateurs de l’appellation biologique en vertu de la Loi sur les appellations réservées. Le CAAQ a mis en place les programmes et les mécanismes nécessaires pour surveiller et encadrer les utilisateurs de l’appellation qui se soumettent à cette loi.

Les OGM
L’identification des OGM demeure une priorité du gouvernement. Toutefois, cette obligation doit être mise en avant de concert avec l’ensemble de l’industrie canadienne. C?est pourquoi, malgré la norme volontaire soutenue par le gouvernement canadien, le MAPAQ a confié un mandat à l’Université du Québec à Montréal pour effectuer une étude de nature économique relative à l’étiquetage obligatoire des OGM. Le MAPAQ analysera les résultats de l’étude et évaluera la meilleure façon de permettre aux consommateurs de faire des choix judicieux quant aux aliments génétiquement modifiés.

Parallèlement, la ministre a récemment abordé la question des OGM et sensibilisé ses homologues fédéral, provinciaux et territoriaux à l’occasion de la conférence annuelle des ministres de l’Agriculture qui s’est tenue les 21 et 22 septembre, à l’Île-du-Prince-Édouard. Ils ont accepté de débattre de l’étiquetage obligatoire des OGM à la prochaine rencontre des ministres de l’Agriculture.

Finalement, un site Internet gouvernemental d’information sur les OGM a été mis en ligne, et ce, au bénéfice des consommateurs qui disposent désormais d’une source de renseignements importante, neutre et traitant tous les aspects des OGM.

Autres recommandations
Sensibilisation et éducation
Le MAPAQ travaille depuis plusieurs années à conscientiser les consommateurs quant aux risques alimentaires et aux mesures à suivre pour les diminuer au maximum.

Au cours de la dernière année, il a mis au point un projet de trousse éducative conforme à la réforme de l’éducation, trousse qui sera mise à la disposition des écoles et des services de garde en milieu scolaire. Cette trousse intitulée « Mes aliments, j’en prends soin! » traite de l’hygiène et de la manipulation des aliments. Elle est actuellement expérimentée au moyen d’un projet pilote dans des classes de trois établissements d’enseignement publics et privé.

Pour ce qui est du grand public, le MAPAQ a déjà mis en oeuvre un programme pour renseigner la population sur les règles d’hygiène à suivre en matière de manipulation des aliments au moyen de différents outils d’information et d’animation distribués, entre autres lieux, dans nos kiosques à l’occasion de foires ou d’expositions dans la province. Une ligne de renseignements téléphonique sans frais, une section du nouveau site Internet du MAPAQ de même qu’une adresse de courrier électronique sont à la disposition des gens afin qu’ils aient accès à toute l’information dont ils ont besoin pour manipuler les aliments de façon sécuritaire.

Formation des manipulateurs d’aliments
Le MAPAQ dirige, depuis 1991, un programme d’hygiène et de salubrité alimentaire qui a pour objet de former les participants en leur donnant les connaissances nécessaires pour manipuler des aliments correctement. Depuis 1991, ce sont 38 254 manipulateurs d’aliments et 4 483 gestionnaires d’établissements alimentaires qui ont reçu un certificat d’accréditation après avoir suivi cette formation. Le Ministère souhaite toutefois établir l’obligation d’une formation comme condition à l’obtention des permis du MAPAQ.

Médecine vétérinaire
Pour le MAPAQ, la pénurie de médecins vétérinaires est préoccupante. C’est pourquoi un groupe d’étude sur la relève vétérinaire en milieu agricole a été mis sur pied par la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal en juin 2002. En date du 10 août 2004, on compte 19 sortants de médecine vétérinaire qui ont opté pour l’agriculture. Ce nombre est beaucoup plus élevé que d’habitude et rend compte de l’intérêt plus grand des sortants pour des carrières dans le milieu agricole.

« Je tiens à saluer le travail des membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation qui ont pris l’initiative de cette consultation. Je remercie également ceux et celles qui se sont exprimés sur la sécurité alimentaire. Grâce à vous, nous connaissons maintenant mieux les attentes des Québécoises et des Québécois au sujet de la sécurité des aliments. Vos recommandations nous motivent à poursuivre les travaux amorcés », a conclu la ministre Gauthier.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

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