La réforme de la PAC n’est qu’un début pour Washington

Washington (États-Unis), 27 juin 2003 – Les États-Unis ont accueilli favorablement la réforme de la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne tout en pressant les Quinze de faire de nouvelles propositions dans les négociations sur la libéralisation du commerce à l’OMC.

« La décision de l’UE de réformer sa politique agricole commune est un pas nécessaire en avant qui, nous l’espérons, fournira une aide utile aux négociations à l’OMC », a affirmé le représentant pour le Commerce américain, Robert Zoellick, dans une déclaration co-signée par la secrétaire à l’Agriculture Ann Veneman.

Les deux responsables ont immédiatement ajouté que la « prochaine étape critique pour l’Union européenne est de traduire rapidement cette décision en des propositions significatives » à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les Américains ne s’étaient pas privés ces derniers mois de presser les Européens à réformer leur politique agricole en dénonçant régulièrement le système de subventions, jugé déloyal, dont bénéficient les producteurs et éleveurs des Quinze.

La réforme décidée jeudi par l’UE prévoit notamment un découplage partiel des aides directes aux agriculteurs du niveau de la production et une baisse de certains prix d’intervention qui soutiennent les cours dans les pays de l’Union européenne. « Sans de nouvelles propositions de l’Union européenne en matière d’agriculture à l’OMC, le monde ne peut pas complètement évaluer l’impact de la réforme de la PAC », ont ajouté M. Zoellick et Mme Veneman.

Tous deux ont insisté sur l’importance d’une percée en vue d’une harmonisation et d’une réduction importante des subventions nationales qui contribuent à une distorsion commerciale ainsi que la suppression des subventions à l’exportation.

Dans le même registre, le Canada a qualifié jeudi la réforme de la PAC de l’UE d’insuffisante, par la voix de son ministre des Finances, John Manley. En déplacement à New York, M. Manley a lui aussi souhaité plus de concessions de l’UE à l’occasion de la prochaine réunion ministérielle de l’OMC du 10 au 14 septembre à Cancun au Mexique.

« Il faut s’attaquer à la tendance des Etats-Unis et de l’Union européenne à subventionner (leur agriculture) à un niveau que nous considérons très excessif », a-t-il commenté en marge d’un déjeuner avec des hommes d’affaires. Au même moment, le négociateur pour l’UE à l’OMC, le commissaire européen Pascal Lamy, dans un discours devant le Conseil pour le commerce extérieur américain à Washington, soulignait l’importance de gestes de la part des Etats-Unis et des autres à l’OMC.

La réforme de la PAC lui fournira une « nouvelle marge de manoeuvre utile » dans les négociations mais, a-t-il insisté, les autres négociateurs devront eux-aussi « mettre des concessions équivalentes sur la table ». Il a rappelé que la loi agricole américaine (Farm Bill) qui accorde des subventions aux agriculteurs, adoptée en 2002, est contraire aux règles de l’OMC.

Si les négociateurs des 146 pays membres de l’OMC doivent s’entendre sur de nouveaux secteurs du commerce agricole dans le cadre des négociations de Doha, « il faudra que les Etats-Unis modifient leur Farm Bill actuelle », a insisté M. Lamy.

Les négociateurs de l’OMC avaient échoué le 31 mars dernier à s’entendre sur les modalités pour leurs discussions sur le volet agricole du programme de Doha, qui porte également sur les services, produits non agricoles et d’autres dossiers comme l’environnement et la révision des règles commerciales. Les discussions sont censées s’achever le 1er janvier 2005.

Source : AFP

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