Raymond Bachand croit en la survie de la gestion de l’offre

Invité à s’adresser à l’industrie de la volaille québécoise lors du Rendez-vous avicole de l’AQINAC le 15 novembre 2017, le négociateur en chef pour le gouvernement du Québec lors de la renégociation de l’Accord de libre échange nord américain (ALÉNA), Raymond Bachand, est confiant pour la survie de la gestion de l’offre et même de l’Accord.

« C’est les Américains qui vont convaincre les Américains de ne pas changer l’ALÉNA, mais de l’améliorer », a dit Raymond Bachand. La raison est que 9,5 millions d’Américains travaillent en raison des échanges économiques avec le Canada. À cela, il faut ajouter 5 millions pour le Mexique. « Le problème, c’est qu’ils ne le savent pas », ajoute-t-il.

Selon les secteurs, les Américains sont en léger surplus ou en léger déficit avec nous. « Dans le fond, on peut dire que c’est équilibré, explique Raymond Bachand. Si on enlève l’énergie, ils sont en surplus de 15 à 27 mlliards ($US). »

Équilibre pour l’agriculture

Du côté de l’agriculture, les Américains n’ont pas à se plaindre du Canada. « Ils exportent 23 milliards ($US) et importent 22 milliards ($US), dit-il. Il y a un surplus d’un milliard ($US). Globalement, ils sont en équilibre.

Le client numéro un de l’agriculture américaine, c’est le Mexique. Le Canada est deuxième. « Ce serait désastreux cette rupture qui pourrait exister », dit Raymond Bachand. Il explique que les Américains commencent à voir l’agriculture comme le secteur qui pourrait sauver l’ALÉNA. « Parce que les agriculteurs américains se réveillent actuellement et commencent à dire “faites attention à ce qui se passe” », dit-il. Ceci est d’autant plus vrai que les agriculteurs font partie de la population qui a amené l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

Donald Trump est obsédé par le déficit commercial qui est de 550 milliards $US. « C’est énorme, mais le problème, c’est la Chine », dit Raymond Bachand. L’Allemagne arrive en 2e et le Mexique en 3e avec 40 et quelques milliards $US. Le Canada est loin derrière avec un léger surplus.

Plaidoyer pour la gestion de l’offre

Lorsqu’il parle de la gestion de l’offre, Raymond Bachand est positif. « Je le suis enthousiaste sur la gestion de l’offre, dit-il. C’est un important secteur de l’économie. Non seulement au niveau des producteurs, mais aussi au niveau de la transformation. »

Selon lui, au lieu d’offrir de meilleurs prix pour les transformateurs, la perte de la gestion de l’offre créerait une « perturbation majeur de l’ensemble de l’économie agricole de ce secteur-là ».

Il ajoute que la gestion de l’offre est fondamentale pour l’économie régionale du Québec. « Si c’était remis en question, fondamentalement, c’est l’économie des régions qui est remis en question, dit-il. On a un vaste territoire. Dans le fond, c’est non négociable. Point! C’est simple. C’est clair. »

Raymond Bachand dit que la gestion de l’offre restera. « C’est un pillier de notre économie agroalimentaire et ça va le rester », dit-il. Raymond Bachand a rappelé que la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freedland, est prête à refuser de signer une entente si la gestion de l’offre n’était pas préservée.

Entente début 2018

Raymond Bachand a expliqué que les négociations vont bon train et qu’une entente devrait être conclue au début de l’année 2018. « Il y a des aspects qui sont bien avancés », dit-il. Il ajoute que le Congrès « est très pro-ALÉNA ». Leur vision est d’améliorer l’ALÉNA, mais il n’est pas de briser ce qui fonctionne bien.

Malgré la menace du président Trump de mettre fin à l’ALÉNA, ce ne sera pas la fin puisqu’il y aura un joute devant les tribunaux.

Il y a eu 619 participants inscrits au Rendez-vous avicole AQINAC, dont 32% de producteurs.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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