La soif de croissance

Ottawa (Ontario), mars 2003 – Certaines variétés de pommes de terre arrivent bien à « vider leur assiette ». Lorsqu’il s’agit de consommer l’engrais azoté, les pommes de terre contribuent à réduire la contamination potentielle des eaux souterraines par les nitrates en plus de permettre aux producteurs de réduire les coûts des intrants.

Il est considéré que les pertes de nitrates dans la rhizosphère des pommes de terre sont excessives dans de nombreuses régions de production commerciale de la pomme de terre, même si on élabore de meilleures pratiques de gestion des champs.

Une des approches permettant de réduire le risque de lessivage des nitrates consiste à créer des variétés de pommes de terre qui utilisent plus efficacement l’engrais azoté, selon monsieur Bernie Zebarth d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC).

« Jusqu’à ce que nous entreprenions nos travaux, aucune étude systématique n’avait été effectuée en vue de découvrir pourquoi les facteurs génétiques régissent l’absorption et l’utilisation de l’azote par la pomme de terre et quels sont ces facteurs, mentionne M. Zebarth. Notre étude est la première d’une série visant à déterminer la possibilité de mettre au point des variétés de pommes de terre qui utiliseraient plus efficacement l’engrais azoté. »

Les recherches que M. Zebarth effectue au Centre de recherches sur la pomme de terre d’AAC près de Fredericton ont pour objet d’évaluer l’efficacité avec laquelle les variétés commerciales de pommes de terre utilisent l’azote.

L’étude de deux ans a permis d’évaluer vingt variétés de pommes de terre en regard de l’efficacité avec laquelle elles peuvent absorber l’azote contenu dans le sol, et la mesure dans laquelle elles peuvent utiliser l’azote pour produire une culture.

Chaque variété a été cultivée selon l’espacement recommandé entre les plants, et avec et sans engrais azoté.

« Nous avons réalisé un échantillonnage à la suite de la récolte afin de mesurer la quantité totale d’azote absorbée par la culture, ainsi que la croissance totale de la culture sur le plan des tubercules et des fane, explique le chercheur. Nous avons également prélevé des échantillons de sol pour calculer la quantité d’azote que la culture n’a pas utilisée. »

Les variétés Russet Burbank, Shepody et Kennebec se classent parmi celles qui absorbent le mieux l’azote contenu dans le sol.

Les variétés Atlantic, Kennebec et Superior se classent parmi celles qui utilisent l’azote le plus efficacement pour produire une culture.

M. Zebarth s’attend à ce que les sélectionneurs de pommes de terre se servent de ces résultats.

« J’espère que l’utilisation plus efficace de l’azote fera désormais partie des caractéristiques utilisées dans la mise au point de nouvelles variétés de pommes de terre, dit-il. Grâce à l’ajout de ce caractère aux variétés produites à des fins commerciales, les producteurs disposeraient d’une pomme de terre de semence qui permettrait de réduire les coûts des intrants en plus de contribuer à réduire le risque que des nitrates se retrouvent dans les eaux souterraines. »

Les agriculteurs du Nouveau-Brunswick s’attachent à renforcer le rôle de l’agriculture dans la préservation de l’environnement en prenant des mesures pour améliorer la qualité de l’eau, des sols et de l’air, ainsi que des habitats fauniques. Le volet environnement du Cadre stratégique national pour l’agriculture donnera aux agriculteurs l’occasion d’exercer une intendance encore meilleure.

Comme son nom le laisse entendre, le Centre de recherches sur la pomme de terre, qui est situé à l’extérieur de Fredericton, a pour principal mandat la recherche sur la pomme de terre. Le centre coordonne les activités du Réseau de recherche sur la pomme de terre d’AAC, qui vise à favoriser la collaboration dans la recherche sur la pomme de terre au Canada.

La Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, coïncide avec les célébrations qui proclament 2003 l’Année internationale de l’eau douce. Le thème de cette année, « De l’eau pour le futur », incite chacun à adopter des pratiques d’utilisation durable de l’eau au profit des générations futures.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Centre de recherches sur la pomme de terre de Fredericton
http://res2.agr.ca/fredericton/

Commentaires