L’agriculture à l’OMC, la condition sine qua non de la participation du Brésil

Brasilia (Brésil), 1er novovembre 2001 – L’inclusion de l’agriculture dans un nouveau cycle de négociations multilatérales au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est la condition sine qua non d’une participation du Brésil à la réunion de Doha (Qatar) du 9 au 13 novembre.

« Nous ne pouvons participer à un système multilatéral qui fasse des distinctions entre les produits agricoles et non agricoles », a déclaré à l’AFP un diplomate brésilien qui participe à l’élaboration de la position que défendra Brasilia lors de ce nouveau cycle de négociations commerciales.

« Un nouveau cycle de négociations doit prendre pleinement en considération l’agriculture pour permettre une augmentation substantielle des débouchés des produits agricoles générés par les pays en développement comme le Brésil », a ajouté le diplomate

Pour Brasilia, cette ouverture des marchés aux produits agricoles doit être accompagnée d’une élimination des subsides à l’agriculture et à l’exportation des pays développés comme les Etats-Unis, le Japon et les pays de l’Union européenne.

« Une partie des taxes dont sont frappés les produits brésiliens (sur les marchés des pays industrialisés) servent à subventionner l’agriculture et l’exportation des ces pays », a affirmé récemment le ministre brésilien de l’Agriculture, Marcus Vinicius Pratini de Moraes.

Selon des données statistiques de Brasilia, des produits comme le jus d’orange sont taxés à 139,2% au japon, à 54,9% dans l’UE et à 40,7% aux Etats-Unis.

Le café soluble brésilien entre au japon en payant des droits de 718,4%, tandis que les taxes sur les boissons alcooliques sont fixées à 193% et la viande de poulet congelée à 38,6%.

Le sucre brésilien entre aux Etats-Unis au compte-gouttes: en plus des quotas qui limitent les exportations vers ce pays à 150 000 tonnes par an, il doit payer des taxes de 88,5%, rappelle le ministère.

Ces entraves à l’exportation pénalisent le Brésil, qui est le premier producteur mondial de canne à sucre, d’oranges et de café et le deuxième producteur de soja, de viande bovine, de poulet et de maïs.

La productivité du secteur agricole a augmenté de 71% au cours des 10 dernières années malgré une légère baisse des surfaces cultivées.

« Sans l’inclusion de ces questions, le Brésil ne participera pas aux négociations de l’OMC », a assuré M. Pratini de Moraes.

Brésil a la capacité de devenir, de loin, le premier producteur agricole du monde. « Sans couper un seul arbre nous avons 90 millions d’hectares de terres cultivables », selon le ministre.

Les exportations du secteur agro-alimentaire représentent, en dépit des barrières douanières, une très grosse part du commerce extérieur brésilien. En 2000, les exportations de produits agricoles ont représenté 36% du total des exportations (40,5% pour les premiers huits mois de 2001).

L’excédent de la balance des paiements (1,25 milliard de dollars jusqu’au mois de septembre) est dû en grande partie à l’augmentation des exportations des produits agricoles et une baisse des importations.

Pour les huit premiers mois de l’année les ventes de produits agricoles se sont élevées à 16 milliards de dollars tandis que pour l’ensemble de l’année 2000 elles avaient atteint 19,7 milliards.

Le ministre s’est déclaré conscient de la necessité d’exporter des produits sains et de qualité tout en rappelent que les réglementations sanitaires des pays importateurs constituaient une entrave non négligeable aux produits venant de pays comme le Brésil.

Source : AFP

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