L’agriculture ou la mine à Upton ?

Saint-Hyacinthe (Québec), 9 avril 2001 – La compagnie minière Ressources Robex Inc. projette d’exploiter une importante mine de baryte à Upton, près de Saint-Hyacinthe. Le développement minier sera à ciel ouvert. La superficie exploitée aura plus de 57 hectares (570,000 mètres carrés). La profondeur des excavations variera entre 30 et 70 mètres.

Le gisement d’Upton serait l’unique réserve importante de baryte exploitable dans l’est de l’Amérique du Nord. La baryte est utilisée principalement comme boue de forage dans le secteur pétrolier. On s’en sert aussi dans le domaine pharmaceutique et dans la fabrication de peintures et de plastiques.

La mine sera située au milieu d’une zone agricole fertile, prospère et dynamique. On y trouve de belles fermes laitières familiales et on y cultive principalement du maïs-grain et du soya.

La compagnie minière expropriera trois fermes familiales dont deux établissements de production animale qui seront démantelés. La superficie expropriée totalisera plus de 135 hectares. Le chemin du rang de la carrière et une ligne électrique d’Hydro-Québec devront être relocalisés.

La Municipalité d’Upton et l’Union des Producteurs Agricoles s’opposent fermement au projet. Ils estiment que l’agriculture et l’environnement subiront des impacts négatifs graves, permanents et irréversibles. En plus de perdre cette surface cultivable, l’immense trou créé par la mine pourrait drainer en profondeur toute l’eau disponible et ce, sur plusieurs kilomètres à la ronde. Les puits artésiens du secteur pourraient se tarir.

Les terres pourraient s’assécher et devenir de moins en moins productives. La valeur marchande des fermes et des maisons d’Upton pourrait diminuer dramatiquement. On est convaincu localement que la mine détruira beaucoup plus la « ressource agricole » qu’elle le prétend et que les apports économiques anticipés de la mine seront bien inférieurs aux pertes économiques subies par la population agricole.

Comme le secteur est zoné agricole, seule la Commission de Protection du Territoire Agricole du Québec (CPTAQ) peut arrêter le projet en refusant l’autorisation d’exploitation de la mine. Ils devront évaluer et considérer tous les effets négatifs qu’aura cette importante mine à ciel ouvert sur l’agriculture du secteur. Ils évalueront entre autres, l’effet sur la préservation pour l’agriculture des ressources « eau » et « sol » dans la municipalité et dans la région. La CPTAQ étudie la demande depuis le 23 janvier 2001. La population est en attente de leur décision qui devrait être rendue d’ici quelques mois.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ressources Robex Inc.

http://www.robexgold.com

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

Commentaires