L’amélioration génétique au coeur des enjeux pour les producteurs de porcs

Beauport (Québec), 6 juin 2002 – À l’heure où la génétique constitue de plus en plus un enjeu de premier ordre pour la survie de la filière porcine québécoise, le Centre de développement du porc du Québec inc. (CDPQ) est sur le point (dans trois mois) de célébrer ses 10 premières années d’existence au cours desquelles, il s’est ingénié à améliorer les porcs du Québec, entre autres par la sélection génétique.

L’amélioration génétique effectuée correspond à une réduction des coûts de production et donc à un net avantage économique, soit des millions de dollars chaque année, permettant de rester compétitifs. Conscients de cet atout stratégique, les producteurs ont renforcé en cours d’année l’orientation du Centre comme le rappelle le président du Centre, M. Bernard Dion, lors de l’assemblée générale annuelle du CDPQ qui se déroule aujourd’hui au Manoir Montmorency à Beauport : « … en juin dernier, lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, les délégués ont approuvé un prélevé de 0,10$ par porc afin d’appuyer le développement de la génétique. Cet appui s’avérait nécessaire pour permettre aux sélectionneurs et au Centre de développer la génétique et permettre au Québec de conserver sa position concurrentielle en ce qui a trait au produit et aux coûts de production. Les premières actions furent d’embaucher une généticienne, de débuter un nouveau plan stratégique du développement de la génétique et d’accompagner la création de l’Alliance génétique Duroc et celle des races blanches, quant aux aspects génétiques de l’exercice. »

Le CDPQ, un outil privilégié d’amélioration génétique

Puisque les gains d’amélioration génétique constituent un tel enjeu pour le secteur, le CDPQ aura contribué à mettre en place et développer les outils permettant d’avoir un portrait génétique précis des animaux, de prendre des décisions plus éclairées et d’obtenir des performances à la hauteur des besoins des marchés. Depuis 10 ans, le CDPQ aura, d’une part, fait évoluer les outils mis en place par le MAPAQ, qui sont la base de données contenant plus de 1,3 million d’animaux et leur généalogie, le programme d’évaluation génétique (PEG), le programme vétérinaire de santé porcine (PVSP) et le programme d’évaluation des porcs en station (PEPS). D’autre part, le Centre a conçu, bâti et mis sur pied la station d’évaluation des porcs du Québec, un outil, qui, avec son système d’alimentation individuelle, permet d’avoir un portrait juste des performances des animaux du Québec, un outil fort envié de tous les compétiteurs. Sans parler de l’expertise et de l’équipe développées pour prendre des mesures de qualité sur les animaux. Sans parler d’une équipe multidisciplinaire qui permet de faire évoluer les dossiers relativement à une panoplie d’enjeux stratégiques.

Pelure de banane et sélection génétique

Il y a plus de vingt ans, les consommateurs considéraient que la viande de porc était trop grasse. C’est maintenant chose du passé car la sélection génétique a permis de réduire de 7 mm l’épaisseur de gras dorsal pour obtenir une viande plus maigre convenant plus aux préoccupations actuelles reliées à la santé. Cet effort a été consenti par les éleveurs pour répondre à la demande des consommateurs et bien sûr pour rester compétitifs. C’est aussi pour rester compétitifs que les producteurs ont sélectionné les animaux qui croissaient le plus rapidement, de sorte qu’aujourd’hui un sujet reproducteur comparé à celui d’il y a plus de 20 ans, a besoin de 25 jours de moins de croissance pour se rendre à 100 kg. Un progrès dû entièrement à la sélection génétique, i.e. en conservant les meilleurs animaux pour la reproduction. Le progrès génétique s’effectue également pour ce qui est de la surface d’œil de longe et le nombre de porcelets par portée alors que l’amélioration de la qualité de la viande est assurée par une gestion rigoureuse des animaux porteurs du gène Hal.

Sélection génétique n’égale pas manipulation génétique

La sélection génétique n’a rien à voir avec la manipulation génétique, puisqu’elle consiste simplement à choisir les meilleurs animaux pour la reproduction de meilleurs sujets d’une génération à l’autre. Un progrès pour lequel il faut être patient, car l’amélioration se fait doucement de génération en génération. Aussi, un sélectionneur qui a patiemment fait de la sélection génétique sur les animaux de son troupeau détient un trésor : c’est comme une sculpture qu’il développe à partir du vivant pendant des décennies à force de connaissances, d’observation et de perspicacité. C’est tout ce travail de persévérance qui est à la base du succès du porc du Québec.

Le succès de la viande de porc produite au Québec est également relié au fait que les producteurs détiennent depuis le début une race aux qualités gustatives exceptionnelles, le Duroc : les sélectionneurs ont su en tirer parti grâce à leur travail, mais aussi grâce aux programmes d’amélioration du MAPAQ, à la concertation du secteur porcin et à la création du CDPQ. Faut-il ajouter que bien sûr le travail d’amélioration génétique ne date pas que des dix dernières années ! C’est un travail qui préoccupe les sélectionneurs depuis plus de cent ans !

Si pour une raison ou une autre, le secteur porcin devait négliger de poursuivre l’amélioration génétique, cela reviendrait à risquer d’entacher la renommée provinciale, nationale et internationale dont il jouit et risquer de perdre une place de leader fort enviable sur les marchés sur le plan de la qualité. La compétition sur le marché autant national qu’international se joue en fonction des gains d’amélioration génétique acquis et tout relâchement dans la sélection ou manque de dynamisme peut s’avérer fort coûteux et cela de façon étonnamment rapide.

Avec tous ses atouts, avec tous ses outils, avec tous ses professionnels, le CDPQ entend poursuivre sa contribution à l’amélioration génétique du secteur porcin en s’adaptant aux changements qui ne manqueront de venir secouer le portrait de cette filière, une filière de plus en plus fébrile en raison des nombreux enjeux auxquels elle fait face.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Centre de développement du porc du Québec (CDPQ)

http://www.cdpqinc.qc.ca

Le Porc du Québec

http://www.leporcduquebec.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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